
Markwayne Mullin a été officiellement confirmé, le lundi 23 mars, en tant que secrétaire à la Sécurité intérieure du gouvernement Trump. Cette nomination, approuvée par un vote de 54 voix contre 46 au Sénat américain, survient dans un contexte particulièrement délicat pour le département.
L’actuel sénateur de l’Oklahoma, âgé de 48 ans, prend les rênes d’un ministère confronté à une paralysie budgétaire de plus d’un mois. Cette situation résulte du refus de l’opposition démocrate de valider le financement du département sans des réformes significatives de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), l’agence de police de l’immigration sous l’égide du DHS.
Son audition devant une commission du Sénat la semaine dernière a eu lieu peu après le renvoi de Kristi Noem, l’ancienne ministre, dont la gestion des opérations anti-immigration avait été vivement critiquée. Des incidents survenus à Minneapolis, notamment la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, sous les tirs d’agents fédéraux, avaient fragilisé sa position.
Lors de son audition, Markwayne Mullin a pris ses distances avec ses précédentes déclarations sur Alex Pretti, qu’il avait qualifié d’« individu dérangé », reconnaissant avoir « parlé trop vite » et « réagi à chaud sans connaître les faits ».
Concernant l’ICE, souvent décriée pour ses méthodes, le sénateur républicain a exprimé sa volonté de voir l’agence se concentrer sur l’expulsion des migrants plutôt que de les intercepter. Il s’est fixé pour objectif de faire en sorte que le DHS « ne fasse plus la une tous les jours » d’ici six mois.
Le défi immédiat de Mullin sera de rétablir le financement du département, bloqué depuis la mi-février. Les démocrates exigent un encadrement plus strict des agents de l’immigration, incluant l’identification, le port de caméras corporelles et l’obtention de mandats judiciaires pour les perquisitions.
Le blocage budgétaire du DHS a déjà des conséquences concrètes, avec de longues files d’attente dans les aéroports américains, les fonctionnaires de la TSA refusant de travailler sans rémunération. Malgré l’importance de l’enjeu, les négociations entre l’administration Trump et les démocrates sont au point mort.
Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité, mais son programme d’expulsions massives a été ralenti par plusieurs décisions de justice, y compris de la Cour suprême, insistant sur le respect des droits des personnes ciblées.






