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À l'approche du second tour des municipales 2026, les alliances se dessinent : aucune fusion droite-extrême droite majeure. Des rapprochements ont lieu à gauche, notamment à Clermont-Ferrand et Brest, tandis que d'autres sont rejetés, comme à Marseille ou Strasbourg. Les négociations complexes soulignent les enjeux locaux et les stratégies des partis pour le contrôle des grandes villes.

À quelques heures du dépôt des listes définitives pour le second tour des élections municipales 2026, la scène politique est en pleine effervescence, marquée par des alliances inattendues et des rejets catégoriques. Une des principales interrogations concernait les possibles rapprochements entre la droite et l’extrême droite. Actuellement, aucune alliance de ce type n’a été officialisée dans les grandes villes. Plusieurs candidats de droite, notamment à Paris, Marseille, Nice et Limoges, ont clairement rejeté toute fusion avec le Rassemblement National (RN) et l’UDR.

À Marseille, le candidat RN Franck Allisio, arrivé deuxième au premier tour (35,02 %), a déposé sa liste inchangée pour le second tour, se disant confiant dans la dynamique en sa faveur. De son côté, le maire sortant divers gauche Benoît Payan (36,70 %) a également déposé ses listes, fermant la porte à un accord avec La France insoumise (LFI), dont le candidat Sébastien Delogu avait pourtant appelé à une union pour faire barrage à l’extrême droite.

Les tractations sont également intenses à Lyon. Après le premier tour des élections métropolitaines, LFI a exhorté la majorité écologiste et de gauche de Bruno Bernard à fusionner leurs listes pour contrer une potentielle majorité de droite. Cependant, la majorité sortante n’a pas encore répondu favorablement à cet appel. Les listes de droite sont en bonne position, ayant remporté quatre des quatorze circonscriptions et étant bien placées pour en gagner d’autres.

Dans d’autres villes, des rapprochements entre partis de gauche ont eu lieu. À Clermont-Ferrand, le maire PS sortant Olivier Bianchi a annoncé une fusion « technique » de sa liste avec celle de LFI. À Brest, une fusion improbable a été conclue entre le maire socialiste et LFI. Ces accords, souvent qualifiés de « techniques », visent à mutualiser les voix sans pour autant impliquer une fusion programmatique complète, permettant aux partis de conserver une certaine autonomie au sein du conseil municipal en cas de victoire.

Cependant, ces alliances ne font pas l’unanimité. Raphaël Glucksmann (Place publique) a fermement refusé toute fusion avec LFI, retirant même ses candidats des listes concernées, critiquant un manque de clarté et un usage jugé inapproprié du terme « front antifasciste ». À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann a dénoncé l’accord entre écologistes et « insoumis » visant à lui barrer la route.

À Paris, Rachida Dati (LR) a conclu une alliance avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance), tandis qu’Emmanuel Grégoire (gauche) et Sophia Chikirou (LFI) ont refusé de s’unir, chacun appelant les électeurs des autres listes de gauche à les rejoindre pour « battre Rachida Dati ». À Menton, une fusion a eu lieu entre deux listes de droite, incluant celle de Louis Sarkozy, pour faire face au RN.