
Dimanche 15 mars, les électeurs de Paris, Lyon et Marseille se rendront aux urnes pour le premier tour des élections municipales. Ils devront s’adapter aux nouvelles règles de vote issues de la réforme du 11 août 2025, dite « réforme PLM », qui suscite encore de nombreuses interrogations. Cet article répond aux principales questions concernant ce nouveau cadre électoral.
La réforme PLM a notamment abaissé la prime majoritaire de 50 % à 25 % dans ces trois grandes villes. Auparavant, la liste arrivée en tête obtenait d’office la moitié des sièges du conseil municipal. Désormais, cette proportion est réduite à un quart. La conséquence directe est qu’il devient plus complexe d’atteindre une majorité absolue au conseil municipal. Pour y parvenir, la liste victorieuse devra désormais obtenir plus de 34 % des voix. Ce changement est crucial, surtout en cas de candidatures multiples au second tour (quadrangulaire ou quinquangulaire), augmentant le risque d’une absence de majorité claire et, par conséquent, des difficultés pour l’élection du maire et la gouvernance. Par exemple, à Paris, avec 33 % des voix, un candidat obtiendrait 80 sièges sur 163, sans atteindre la majorité absolue.
Une autre nouveauté majeure de la réforme PLM est le dédoublement du scrutin municipal. Les électeurs votent désormais deux fois : une fois pour leurs conseillers d’arrondissement (ou de secteur) et une autre pour les conseillers municipaux. Bien que les candidats puissent se présenter aux deux niveaux, ce sont bien deux élections distinctes. La prime majoritaire reste à 50 % dans les arrondissements. Il est donc possible d’avoir des majorités politiques différentes entre les arrondissements et la mairie centrale. Cependant, cette situation n’entraverait pas la gouvernance centrale, car la mairie principale dispose de sa propre majorité au conseil municipal (appelé Conseil de Paris dans la capitale) et conserve le dernier mot sur des politiques majeures comme l’urbanisme. Les mairies d’arrondissement ont un rôle consultatif, généralement respecté, mais non contraignant.
Les pouvoirs des maires d’arrondissement restent inchangés par la réforme PLM. Ils gèrent les services de proximité (petits équipements sportifs, parcs) mais n’ont pas autorité sur le personnel ni sur les budgets de fonctionnement. Ils continuent d’attribuer la moitié des logements sociaux et des places en crèche dans leur arrondissement. À Lyon, la Métropole de Lyon est une entité unique, élue au suffrage universel direct, pour laquelle les électeurs votent également. Cette métropole exerce des compétences étendues, reprenant celles du département du Rhône et de l’ancienne communauté urbaine, avec un budget conséquent et un vaste champ d’action (économie, aménagement, social, logement, énergie, déchets). Les métropoles de Marseille et de Paris existent aussi, mais leurs représentants ne sont pas élus directement et leurs pouvoirs diffèrent.
Enfin, la question de savoir pourquoi Toulouse n’est pas concernée par une loi similaire à la PLM se pose, malgré sa taille comparable à Lyon. Historiquement, la loi de 1982 qui a instauré le statut particulier de Paris, Lyon et Marseille répondait davantage à des enjeux de pouvoir politique qu’à des considérations démographiques, visant à affaiblir certaines figures politiques de l’époque. Concernant la règle des 10 % pour se maintenir au second tour, elle s’applique désormais de manière distincte pour l’élection du conseil municipal central et celle du conseil d’arrondissement. Un parti peut se maintenir au niveau central s’il dépasse 10 % des voix à ce niveau, et indépendamment, dans un arrondissement s’il y atteint également ce seuil. Entre 5 % et 10 %, une liste peut fusionner avec une autre ayant dépassé les 10 %.







