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Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, appelle à un "front antifasciste" et à des "fusions techniques" des listes de gauche pour le second tour des municipales, face aux réticences du PS.

Dans un contexte de vives tensions entre « insoumis » et socialistes, le coordinateur national de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a lancé un appel dimanche 8 mars à la formation d’un « front antifasciste » pour le second tour des élections municipales. L’objectif est clair : empêcher la victoire des candidats de la droite et du Rassemblement national. Pour ce faire, M. Bompard a évoqué la possibilité de « fusions techniques » des listes de gauche.

Interrogé sur France 3, Manuel Bompard a précisé que ces accords ne signifieraient pas nécessairement une gestion commune des villes en cas de victoire. Il a souligné la responsabilité de la gauche de se rassembler, même en cas de désaccords programmatiques. « On n’est pas toujours d’accord sur les propositions programmatiques qui sont faites, et donc ça veut dire qu’on ne s’engage pas à participer à la gestion de la ville aux côtés des autres », a-t-il expliqué, insistant sur le fait qu’il s’agit d’organiser « en quelque sorte un front antifasciste au second tour de l’élection ».

Ces alliances de second tour sont devenues un enjeu majeur en raison des relations très tendues entre le Parti socialiste (PS) et LFI. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a notamment déploré les propos de Jean-Luc Mélenchon, accusant ce dernier de « franchissement de l’inacceptable » et de « renouer avec des troupes antisémites ». Des commentaires sur les noms à consonance juive de Raphaël Glucksmann et Jeffrey Epstein ont suscité l’indignation.

De son côté, François Hollande a vivement appelé les candidats socialistes à ne pas faire de « compromissions » avec LFI au second tour. L’ancien président a martelé qu’il ne pouvait y avoir d’alliance entre le PS et LFI, arguant qu’une telle démarche ferait perdre des électeurs durablement et nuirait à la « clarté » nécessaire en vue de l’élection présidentielle. Manuel Bompard a qualifié cette position d’« irresponsable » et dénoncé une « cabale malhonnête » contre LFI. Le premier tour des élections municipales est prévu le 15 mars, le second le 22 mars.