Jean-Luc-Melenchon-speaking
Le torchon brûle entre le PS et LFI à l'approche des municipales. Le PS accuse Jean-Luc Mélenchon d'antisémitisme, ce qu'il qualifie d'« intolérable ». Des désaccords profonds sur les alliances et la stratégie divisent les deux partis de gauche.

À moins de deux semaines des élections municipales, les relations entre La France insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) se sont fortement détériorées. Le PS a vivement critiqué Jean-Luc Mélenchon, l’accusant d’antisémitisme suite à des polémiques concernant sa prononciation de noms de famille juifs comme « Epstein » et « Glucksmann ». Ces accusations ont été qualifiées d’« intolérables » par le leader insoumis.

Le bureau national du PS a dénoncé « sans réserve » les « caricatures complotistes et propos antisémites intolérables » de Jean-Luc Mélenchon. Le parti à la rose estime que la « stratégie de conflictualisation permanente » de LFI vise à créer un face-à-face avec l’extrême droite, mais ne fait que « fracturer les électeurs de gauche ». Les opposants à Olivier Faure au sein du PS réclamaient d’ailleurs une rupture claire avec le parti de Jean-Luc Mélenchon.

Le PS, qui forme souvent des alliances avec les Écologistes pour les municipales, contrairement à LFI qui se présente majoritairement seule, a appelé les militants « insoumis » locaux à se « désolidariser clairement et pleinement de ces propos » et les électeurs de LFI à voter pour les « listes de rassemblement de la gauche ». Les sondages montrent que les listes PS sont généralement devant celles de LFI pour les municipales.

La réaction de Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas fait attendre. Par un tweet, il a fustigé ces « intolérables accusations d’antisémitisme », soulignant que le PS n’avait jamais formulé de telles allégations aussi explicitement à son encontre. Il a également dénoncé une « insupportable désolidarisation du combat antifasciste », le PS ayant critiqué certaines pratiques du mouvement antifasciste la Jeune Garde, lié à LFI, après le meurtre d’un militant nationaliste à Lyon.

En outre, le PS a affirmé qu’« il ne saurait y avoir d’accord national » avec LFI pour un éventuel second tour des municipales, en raison de l’« inquiétante dérive de la direction de ce mouvement ». Face à un risque de victoire du Rassemblement national, le PS a rappelé la règle du « désistement républicain ». Jean-Luc Mélenchon a quant à lui accusé les « luttes internes du PS et leurs surenchères de haine anti-LFI » de favoriser la victoire de la droite et du RN dans de nombreuses villes.

Malgré ces tensions, LFI estime que des listes communes avec des socialistes existeront dans une cinquantaine de villes au premier tour, souvent sous l’égide de têtes de liste sans étiquette partisane. Cependant, des personnalités socialistes comme François Hollande et Carole Delga ont appelé à une rupture totale avec LFI.