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Les frappes conjointes américano-israéliennes en Iran, selon le général Olivier Kempf, laissent à Donald Trump le choix entre la chute du régime ou l'intensification des négociations sur le nucléaire. Téhéran a riposté, exacerbant les tensions régionales, malgré des pourparlers récents jugés intenses.

Suite aux récentes frappes conjointes d’Israël et des États-Unis en Iran, le général (2S) Olivier Kempf, directeur du cabinet stratégique La Vigie et chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, estime que Donald Trump n’avait pas d’autre choix que de frapper Téhéran. Ces attaques, qualifiées d’« opération de très grande ampleur » par le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, ont ciblé plusieurs zones militaires dans l’ouest de l’Iran. Les Américains ont confirmé leur implication dans ces frappes, auxquelles l’Iran a riposté en attaquant les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et la Jordanie. Des explosions ont également été signalées à Jérusalem et Ryad.

Les frappes américano-israéliennes, baptisées « Lion rugissant » par Israël et « Fureur épique » par les États-Unis, visaient notamment des sites militaires et l’ayatollah Ali Khamenei. Le gouvernement iranien a d’ailleurs appelé sa population à quitter Téhéran après ces attaques. L’objectif affiché par Donald Trump est de « détruire » les capacités de missiles de l’Iran et de « réduire à néant » sa marine, promettant d’« éliminer des menaces imminentes ».

Pour le général Kempf, deux scénarios majeurs se dessinent à la suite de ces événements. Le premier consisterait à tenter de provoquer la chute du régime iranien, une option que Donald Trump a ouvertement évoquée en exhortant les Iraniens à se soulever. Le second scénario serait d’accentuer la pression pour faire avancer les négociations, notamment sur le dossier du nucléaire iranien. Il est à noter que les États-Unis et l’Iran menaient depuis plusieurs semaines des pourparlers intenses, avec des progrès significatifs évoqués par des médiateurs comme le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi.

Ces frappes surviennent alors que l’Iran aurait continué d’enrichir de l’uranium bien au-delà des seuils fixés par l’accord de 2015, atteignant potentiellement 60% d’enrichissement, l’objectif pour l’arme nucléaire étant de 90%. La communauté internationale a réagi avec inquiétude, le secrétaire général de l’ONU condamnant « l’escalade militaire au Moyen-Orient » et appelant à un « arrêt immédiat des hostilités ». De nombreux pays, dont la France et l’UE, ont exprimé leur préoccupation et appelé à la retenue.