
Jean-Luc Mélenchon, venu soutenir les candidats de La France insoumise (LFI) à Lyon, s’est retrouvé au cœur d’une nouvelle controverse, taxé d’antisémitisme. Le chef de file de LFI s’est attardé, pendant une vingtaine de secondes, sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein, le célèbre pédocriminel américain décédé en prison en 2019. Les documents révélant ses multiples relations dans les milieux économiques et politiques ont récemment été publiés par l’administration américaine. M. Mélenchon a notamment déclaré : « Sauf s’il s’agit de l’affaire [èpchtaïne]. Ah, je voulais dire [èpstine], pardon. Ça fait plus russe, [èpstine], hein… » Il s’est cependant trompé, la prononciation russe d’Epstein étant « èpchtéïne ».
Ses propos ont suscité de vives réactions. Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France, a qualifié les propos de Mélenchon de « délire complotiste aux vrais relents antisémites », soulignant qu’« un élève de cinquième sait qu’en anglais “Epstein” se prononce “Epstine” ». De nombreux responsables politiques ont également condamné ces déclarations. L’ancienne ministre Éric Lombard a jugé ces « codes de l’antisémitisme » comme « inadmissibles », tandis qu’Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité, a affirmé que « l’antisémitisme en France s’écrit en trois lettres : L-F-I ».
Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a « très fermement » condamné les propos de Mélenchon, insistant sur le fait qu’« on ne joue pas avec des mots comme ça ». Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a tweeté qu’« [est] antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux ». Laurence Rossignol, sénatrice, a dénoncé le fait qu’un « responsable politique [fasse] rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine », considérant que cela n’avait « plus rien à voir avec Gaza » mais tout avec « l’antisémitisme le plus terrifiant ».
En réponse aux critiques, Jean-Luc Mélenchon a déclaré sur X avoir « ironisé sur la volonté de vouloir faire avec “Epstine” un nom pour russifier le problème », ajoutant que « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ». Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a quant à lui dénoncé des « attaques nauséabondes », accusant certains de vouloir faire d’Epstein un « agent russe pour masquer les complicités dont il a pu bénéficier en France ».






