
Face au déploiement de forces militaires américaines dans les Caraïbes, le président vénézuélien Nicolás Maduro a annoncé une mobilisation massive de 4,5 millions de miliciens. En parallèle, Caracas a envoyé des navires de guerre et des drones dans ses eaux territoriales, une réponse ferme aux agissements de Washington.
Le ministre des Armées vénézuélien, Vladimir Padrino, a confirmé le 26 août l’envoi de « patrouilles navales dans le golfe du Venezuela et de navires de plus grand tonnage plus au nord » ainsi qu’un « déploiement important de drones ». Cette initiative fait suite à l’annonce, lundi, de la mobilisation de 15 000 soldats à la frontière colombienne pour des opérations antidrogue, répliquant directement à la décision de Donald Trump de déployer des forces navales et aériennes aux portes du Venezuela sous couvert de lutte contre le narcotrafic.
En mars dernier, l’ancien président américain avait promis une « guerre » contre les cartels sud-américains. Le 22 août, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a détaillé le déploiement de cinq bâtiments de guerre, de sous-marins d’attaque et d’avions espions P-8 près des côtes vénézuéliennes. Le Pentagone prévoit également l’envoi de 4 000 Marines. Ces actions visent officiellement à contrer le narcotrafic, notamment celui du fentanyl, qui affecte les États-Unis.
Le Venezuela est la cible principale de ce déploiement. Washington accuse Caracas et Nicolás Maduro de narcoterrorisme, ne reconnaissant pas sa réélection en 2024 et soutenant Juan Guaidó comme président par intérim. Les États-Unis imputent à Maduro la direction du Cartel de Soles et ont offert une prime record de 50 millions de dollars pour son arrestation, le double de celle pour Oussama Ben Laden, selon Christopher Landau.
Les tensions actuelles rappellent l’opération « Expansion antidrogue » de 2020 sous Trump, axée sur la surveillance maritime et aérienne. Cependant, l’ampleur du déploiement actuel est jugée inédite par des experts comme Adam Isacson du Washington Office on Latin America. Alors que les opérations précédentes impliquaient souvent d’autres pays de la région, le caractère unilatéral de l’initiative actuelle soulève des inquiétudes quant à une possible escalade.
Nicolás Maduro perçoit ces actions comme une menace d’invasion. Il a appelé à la défense du territoire avec des « missiles et fusils pour la classe ouvrière », qualifiant les menaces américaines d’« extravagantes » et « rocambolesques ». Face à cette situation, le Venezuela a reçu le soutien de pays voisins tels que la Colombie et la Bolivie, qui accusent les États-Unis de vouloir renforcer leur présence stratégique sous couvert de lutte antidrogue. Le président bolivien Luis Arce a dénoncé une « pratique colonialiste », tandis que le président colombien Gustavo Petro a qualifié toute opération militaire sans accord des pays frères d’« agression contre l’Amérique latine et les Caraïbes ».