
L’annonce par Caracas d’un « nouvel agenda » avec l’Union européenne, marquée par la libération de prisonniers, est perçue comme un signal politique dans un contexte de forte pression internationale, selon Gaspard Estrada, spécialiste de l’Amérique latine. Les autorités vénézuéliennes cherchent à renouer avec l’UE pour obtenir de l’« oxygène » diplomatique, alors que l’Union n’avait pas reconnu la victoire de Nicolás Maduro en 2024. Les libérations de prisonniers, notamment ceux ayant une double nationalité européenne, s’inscrivent dans cette démarche.
Deux courants semblent coexister à la tête de l’État vénézuélien : la famille Rodriguez, favorable à une ouverture progressive et à un compromis pétrolier avec les États-Unis, et les militaires, partisans du statu quo. Bien que le bloc soit uni pour l’instant, des dissensions pourraient émerger si les pressions internationales s’intensifient.
Les capitales européennes devraient d’abord analyser les dynamiques internes du gouvernement intérimaire avant d’envisager un rapprochement. Les avancées en matière de libération d’opposants, de libertés publiques et de reconnaissance des créances d’entreprises européennes seront déterminantes. L’engagement diplomatique européen au Venezuela est renforcé par l’évolution de la situation politique.
La non-reconnaissance par l’UE de la réélection de Nicolás Maduro en 2024 pose des défis à la normalisation des relations. Pour soutenir la démocratisation sans ingérence externe, il est crucial que l’opposition vénézuélienne puisse exercer ses droits civiques et politiques. Tant qu’il n’y aura pas de calendrier électoral transparent et compétitif, la normalisation des relations avec Caracas restera difficile.
Malgré la reprise du dialogue entre Caracas et Washington, l’Europe doit maintenir sa présence sur le terrain et affirmer une voix singulière dans le dialogue politique concernant l’avenir du Venezuela. Une implication européenne forte est essentielle pour éviter une marginalisation dans ce processus complexe, tant sur les questions politiques et économiques que sur le respect du droit international.







