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L'Europe est embarrassée face à l'opération militaire américaine au Venezuela. Tandis que l'UE appelle au respect du droit international, des divisions apparaissent, la France condamnant l'action et l'Italie la jugeant légitime. Une situation qui soulève des questions sur la souveraineté européenne.

Suite à l’opération militaire américaine spectaculaire à Caracas, l’Union européenne a réagi avec prudence, se contentant de conseiller aux compagnies aériennes d’éviter le survol du Venezuela. Cette retenue contraste fortement avec l’inquiétude non exprimée des dirigeants européens face à un nouvel ordre mondial marqué par la brutalité. Un tel précédent soulève des questions quant à l’avenir du soutien à l’Ukraine face à la Russie, alors que Washington légitime la capture d’un dirigeant étranger pour défendre ses intérêts. De même, la convoitise de Donald Trump pour les réserves minières du Groenland, rappelant celle du pétrole vénézuélien, alimente les craintes concernant la souveraineté européenne.

Le Danemark, par la voix de son ambassadeur aux États-Unis, a d’ailleurs rappelé l’importance du « respect total de l’intégrité du Royaume du Danemark » sur son territoire, signalant une nervosité palpable face aux ambitions américaines. La ministre des Affaires étrangères de l’UE, Kaja Kallas, a souligné que l’UE soutenait la souveraineté du Venezuela et une transition démocratique pacifique, tout en rejetant les solutions militaires unilatérales et en insistant sur le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies.

La position européenne est apparue divisée. Si de nombreux pays ont appelé au respect du droit international et à la désescalade, certains ont eu des réactions plus nuancées. La France, par exemple, a clairement condamné l’opération américaine comme une violation du droit international, son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avertissant de « graves conséquences pour la sécurité mondiale ». En revanche, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, une alliée proche de Donald Trump, a jugé « légitime » une « intervention défensive » américaine, justifiée selon elle par la lutte contre le trafic de drogue.

Cette divergence met en lumière la difficulté des pays européens à concilier leur attachement au droit international avec la nécessité de maintenir de bonnes relations avec leur allié américain, surtout dans un contexte où le soutien des États-Unis est jugé vital pour des enjeux comme l’Ukraine. L’UE a finalement adopté une position commune, soutenue par 26 de ses 27 États membres (à l’exception de la Hongrie), appelant au calme, à la retenue et au respect du droit international, tout en réaffirmant le droit du peuple vénézuélien à décider de son propre avenir.