
Les États-Unis ont annoncé refuser l’octroi de visas à des membres de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) avant la prochaine Assemblée générale de l’ONU en septembre. Cette décision intervient alors que la France s’apprête à plaider pour la reconnaissance d’un État palestinien lors de cet événement majeur. Le gouvernement israélien, qui rejette fermement l’idée d’un État palestinien, a salué cette mesure, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar remerciant l’administration Trump pour son «soutien à Israël une nouvelle fois».
La diplomatie américaine justifie cette action en affirmant qu’il est dans l’intérêt de leur sécurité nationale de «tenir l’OLP et l’Autorité palestinienne responsables de ne pas respecter leurs engagements et de compromettre les perspectives de paix». Washington accuse les Palestiniens de se tourner vers la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ) pour résoudre leurs contentieux avec Israël, ce qui est perçu comme une utilisation «illégitime» de la justice.
L’Autorité palestinienne a exprimé «son profond regret et son étonnement» face à cette décision, la jugeant «en contradiction avec le droit international», et a appelé Washington à y «revenir». Le secrétariat d’État américain insiste pour que l’Autorité palestinienne cesse ses «tentatives pour contourner les négociations à travers des guerres judiciaires internationales» et ses «efforts pour obtenir la reconnaissance unilatérale d’un État palestinien».
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a souligné l’importance d’une représentation de tous les États et observateurs permanents, y compris les Palestiniens, lors du sommet précédant l’Assemblée générale, espérant une résolution de la situation. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit normalement participer à la 80e Assemblée générale de l’ONU. Cette situation rappelle l’épisode de 1988 où Yasser Arafat, alors chef de l’OLP, avait dû s’exprimer à Genève suite à un refus de visa américain.