
Dans le Minnesota, où une importante communauté somalienne s’est établie après la guerre civile des années 1990, un scandale de fraude aux prestations sociales a éclaté. Le quartier de Cedar-Riverside, surnommé la «petite Mogadiscio», est au cœur des tensions. Après une période de froid intense, le quartier, bien que désert, est empreint d’une certaine appréhension. «Ce n’est pas le froid qui fait peur, c’est la police de l’immigration», confie Ibrahim, un habitant, reflétant le climat d’inquiétude ambiant.
Donald Trump, intensifiant sa politique migratoire, a particulièrement visé cette communauté, l’accusant d’être impliquée dans un vaste système de fraude aux prestations sociales mis en place depuis la pandémie de Covid-19. Les ressortissants somaliens ont été qualifiés de «déchets» et leur pays d’origine de «pire pays du monde» par l’ancien président américain. Cette rhétorique alimente un sentiment de peur et d’insécurité au sein de la communauté.
Selon le New York Times, sur 18 milliards de dollars d’aides destinées aux populations les plus défavorisées du Minnesota pendant la pandémie, plus de la moitié aurait été détournée. Bien que de nombreux acteurs aient profité de ces fraudes, la communauté somalienne est particulièrement sous le feu des critiques. Trump a ordonné au département de la Justice de vérifier l’honnêteté des naturalisations, avec la possibilité de retirer la nationalité américaine en cas de preuve d’insincérité dans le processus d’obtention. Les Somaliens du Minnesota sont ainsi devenus une cible privilégiée de cette offensive, ravivant le débat sur l’immigration et l’intégration aux États-Unis.








