
Face au chaos et aux incertitudes provoqués par les affrontements entre l’armée syrienne et les forces kurdes, menaçant l’étanchéité des camps de prisonniers du groupe État islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, les États-Unis ont initié des opérations de transfert. Jusqu’à 7 000 prisonniers de l’EI pourraient être déplacés de Syrie vers l’Irak voisin. Le Centcom, commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, a confirmé le 21 janvier le transfert réussi de 150 combattants de l’EI de la prison d’Hassaké, en Syrie, vers un lieu sûr en Irak.
Ce transfert s’effectue dans un contexte de haute tension. Bien que le pouvoir syrien ait annoncé un cessez-le-feu avec les forces kurdes, il les a accusées de l’avoir violé. L’amiral Brad Cooper, à la tête du commandement américain, a souligné l’importance de ce transfert pour « éviter des évasions qui constitueraient une menace directe pour les États-Unis et la sécurité régionale ». Il a également mis en avant la collaboration étroite avec les partenaires régionaux, notamment le gouvernement irakien.
L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a déclaré que la mission initiale des FDS (Forces Démocratiques Syriennes) contre les jihadistes était terminée. Il estime que le nouveau pouvoir syrien est désormais capable de contrôler les centres de détention établis par les Kurdes. Le président américain, Donald Trump, a exprimé son soutien au président Ahmed Al-Charaa dans son offensive, tout en réaffirmant son affection pour les Kurdes.
Des milliers d’anciens combattants de l’EI, ainsi que des dizaines de milliers de femmes et d’enfants, sont détenus dans une vingtaine de prisons et de camps. Le camp d’Al-Hol, le plus grand, abrite environ 24 000 personnes, dont 15 000 Syriens et 6 300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d’autres Occidentaux que leurs pays refusent de rapatrier. Les Syriens et Irakiens résident dans le camp principal, tandis que les étrangers sont dans une annexe isolée, sous haute sécurité. Les forces kurdes contrôlent également Roj, un camp plus petit près de la frontière turque.







