
La stratégie de Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, continue de susciter l’interrogation au sein de son propre parti. En pleine période de débat budgétaire, notamment sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, les divisions au sein de LR sont apparues au grand jour. Dix-huit députés sur quarante-neuf ont finalement voté pour le budget de la Sécu, malgré une position personnelle de Laurent Wauquiez en faveur de l’abstention. Cette démarche, qualifiée de « double jeu » par certains, visait à s’assurer que le gouvernement obtienne un nombre suffisant de voix LR, tout en marquant une distance.
Cette situation met en lumière une divergence croissante entre la direction du parti, représentée par Bruno Retailleau, et une partie de la droite parlementaire. Bruno Retailleau avait d’ailleurs appelé les députés LR à ne pas voter le budget de la Sécurité sociale, le qualifiant de « hold-up fiscal, social et démocratique ». Pourtant, 18 députés LR ont voté en faveur du budget, ajoutant aux tensions entre les deux figures du parti.
Laurent Wauquiez, de son côté, avait conditionné le vote du budget de l’État par le groupe Droite Républicaine à la suppression de nouvelles taxes et à des économies sur la dépense publique. Il avait également présenté un plan d’économies de 50 milliards d’euros, axé sur la lutte contre la bureaucratie administrative, la préservation du social tout en luttant contre l’assistanat, et la régulation des dépenses liées à l’immigration. Ces positions contrastent avec celles de Bruno Retailleau, qui met en garde contre une dilution de la droite dans le macronisme.
Les désaccords persistent entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, notamment sur la ligne politique à adopter face au gouvernement. La présidence du parti LR est souvent le théâtre de rivalités, et celle entre les deux hommes semble se diriger vers une « guerre fratricide » selon certains observateurs. Cette période de troubles internes au sein de LR pourrait fragiliser davantage la droite française, comme en témoigne le rejet du PLFSS par le Sénat, qui a ironisé sur l’incertitude quant à savoir « quelle est la droite à la manœuvre ».






