
La France a enregistré un tournant démographique majeur en 2025, avec un solde naturel devenu négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime ce solde à environ -6 000, marquant une inversion significative par rapport aux années précédentes. Cette situation était déjà perceptible en 2024, mais uniquement pour la France métropolitaine. Ce phénomène est principalement dû à une baisse des naissances combinée à une augmentation des décès.
Ce changement intervient plus tôt que prévu par les projections de l’Insee, qui anticipaient un solde naturel négatif aux alentours de 2035. La baisse des naissances s’est en effet accentuée de manière spectaculaire, notamment en 2023 avec une diminution de 7 % par rapport à l’année précédente. Sylvie Le Minez, responsable de l’unité des études démographiques et sociales à l’Insee, souligne l’ampleur de cette décélération. Cette tendance place la France dans un « hiver démographique » similaire à celui déjà observé dans d’autres pays européens.
Les implications de ce tournant démographique sont multiples, touchant à la fois l’économie, les politiques sociales et le système de retraites. La diminution de la population active à long terme pourrait poser des défis en matière de financement des services publics et de renouvellement des générations. Les commentateurs évoquent une « gérontocratie » qui privilégierait les retraites au détriment de la jeunesse, une problématique qui risque de s’intensifier avec l’évolution actuelle. Ce bilan démographique met en lumière la nécessité d’une réflexion approfondie sur les politiques familiales et les stratégies de soutien à la natalité en France.








