
Après plusieurs années de turbulences, le marché des Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) semble entrevoir une accalmie. Foulques de Sainte Marie, dirigeant de Mata Capital, parmi d’autres gérants de la pierre-papier, estime que la phase la plus critique est désormais derrière eux. Cette période difficile, qui s’est étendue sur trois ans, a été marquée par une convergence de défis majeurs.
La crise a débuté avec la remontée des taux d’intérêt, impactant négativement la valorisation des actifs immobiliers détenus par les SCPI. Cette dépréciation a eu pour conséquence directe une baisse des prix de part. S’en est suivie une crise de liquidité significative, les épargnants cherchant massivement à retirer leurs investissements, souvent précédés par des investisseurs institutionnels plus réactifs. Face à cette affluence de demandes de rachat et un ralentissement de la collecte, de nombreux gérants de SCPI se sont retrouvés dans l’incapacité de satisfaire toutes les requêtes.
À la fin de l’année 2025, près de 3 milliards d’euros de parts restaient en attente de retrait, représentant 3,1 % de la capitalisation totale du marché. Pendant ce temps, 967 millions d’euros avaient été compensés sur le marché secondaire. Certaines SCPI ont clôturé l’année avec une décollecte nette notable, comme Accimmo Pierre de BNP Paribas REIM (-17 millions d’euros) et Epargne foncière de La Française REM (-24 millions d’euros), cette dernière étant la troisième plus grande SCPI du marché avec 4,1 milliards d’euros de capitalisation. Sélectinvest 1, également gérée par La Française REM, a enregistré une perte de 35 millions d’euros l’année dernière.
Enfin, cette période a engendré une crise de confiance. Les baisses successives des prix de part ont semé le doute chez les épargnants vis-à-vis de certaines sociétés de gestion. Des initiatives commerciales mal perçues, telles que la réduction du délai de jouissance ou l’augmentation des commissions pour les distributeurs, ont parfois été interprétées comme des signaux d’alerte, renforçant la méfiance ambiante. Malgré ces défis, le secteur espère désormais une reprise et un retour à la stabilité.








