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Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, est au cœur d'une bataille électorale intense face à l'opposition de La France Insoumise, qui critique sa politique. Un défi majeur pour sa réélection.

À Saint-Ouen, le maire socialiste Karim Bouamrane est en pleine campagne pour sa réélection, faisant face à une opposition déterminée de La France Insoumise (LFI). Connu pour son énergie et sa présence médiatique, Bouamrane, un temps pressenti pour Matignon, se décrit comme un « créatif » et cherche à obtenir un score historique pour sa ville de Seine-Saint-Denis. Il a été élu maire en 2020, succédant à William Delannoy.

L’élu socialiste a été au centre de l’attention notamment lors des Jeux de Paris 2024, où sa commune a fait l’objet de reportages pour son dynamisme urbain. Cependant, les Insoumis le critiquent vivement, le qualifiant de « maire de la communication et de la gentrification ». Manon Monmirel, candidate LFI et assistante parlementaire d’Éric Coquerel, figure parmi ses opposants les plus virulents, l’accusant de favoriser certains quartiers au détriment des plus nécessiteux.

Les tensions entre Karim Bouamrane et LFI ne sont pas nouvelles. Le maire de Saint-Ouen a déjà exprimé publiquement son souhait de voir le Parti socialiste « lever l’hypothèque LFI et Jean-Luc Mélenchon ». Il a même eu des échanges vifs avec Éric Coquerel, député de la circonscription, lui lançant un avertissement ferme lors d’un rassemblement socialiste. Bouamrane se positionne en faveur d’une « ligne alternative » au sein du PS, loin de la stratégie actuelle qu’il juge « has been » et qui, selon lui, « sacralise la loose ».

En dépit des critiques sur la gentrification, l’entourage de Karim Bouamrane met en avant des efforts pour le logement social, avec une charte promoteur exigeant 30 % de logements sociaux dans chaque projet immobilier privé et une augmentation du pourcentage de logements sociaux de 38 % à 41 % depuis 2020. La ville a également investi massivement dans la rénovation urbaine. La dette de la municipalité a d’ailleurs été réduite, passant d’environ 125,1 millions d’euros en 2020 à environ 87,2 millions d’euros en 2024.