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Quand s’occuper seul de sa mère âgée devient un risque : l’histoire de Philippe, 63 ans, qui affronte sa fratrie. Un témoignage sur les défis des aidants.

En France, entre 8 et 11 millions de personnes se dévouent à l’accompagnement de proches en perte d’autonomie. Souvent, il s’agit d’un parent âgé. Cependant, lorsqu’un seul enfant d’une fratrie se retrouve à gérer l’intégralité de cette tâche, le rôle d’aidant peut rapidement devenir une source de risques économiques et familiaux, comme le découvre Philippe, 63 ans.

Philippe, confronté à cette réalité, explique que son notaire lui a conseillé de se «protéger». Ce conseil ne concerne ni un divorce, ni un conflit professionnel, mais plutôt les risques liés à la prise en charge exclusive de sa mère, âgée de 103 ans, au sein d’une fratrie de six enfants. Son dévouement l’a rendu, malgré lui, le plus exposé de tous.

Sa mère, Madeleine, réside toujours dans la maison familiale où elle a élevé ses sept enfants. Il s’agit d’une ancienne meulière des années 1910, bien entretenue. Jusqu’à récemment, Madeleine montait seule les escaliers de sa maison. «À 101 ans, ça commençait vraiment à me faire peur, surtout la descente», confie Philippe. C’est à ce moment-là qu’il a entrepris des travaux pour adapter la maison à la perte d’autonomie de sa mère. Il décrit sa mère comme «une femme forte, volontaire et digne», ayant gardé un esprit vif, un caractère bien trempé et une gourmandise intacte.

La situation de Philippe met en lumière les défis complexes que rencontrent de nombreux aidants familiaux. Si la prise en charge d’un parent âgé est une marque d’amour et de dévouement, l’absence de soutien familial peut entraîner des tensions et des difficultés financières considérables. Il est crucial que les aidants soient conscients des aides disponibles pour protéger leurs droits et leur bien-être, notamment par des consultations avec des notaires ou des services sociaux.