
La question de la suspension de la réforme des retraites, initialement décidée par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour s’assurer le soutien des députés socialistes et éviter une motion de censure, est au cœur des débats budgétaires. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, qui intègre cette mesure, a été examiné dès ce lundi en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Cette suspension gèlerait notamment l’âge de départ à 63 ans et 9 mois et la durée de cotisation à 170 trimestres jusqu’en janvier 2028.
Le groupe Droite républicaine s’est immédiatement montré très hostile à cette disposition. Laurent Wauquiez a affirmé l’intention de son groupe de tout faire pour s’y opposer, déclarant que « Nous ne sommes pas là pour intégrer le chantage du PS ». Il a même menacé de reconsidérer le vote de son groupe si la suspension était adoptée. Du côté du Sénat, le président Gérard Larcher a été catégorique, promettant que la Chambre haute « rétablira la réforme des retraites » si elle était suspendue par l’Assemblée nationale.
Les discussions en commission ont déjà révélé des tensions, notamment sur le financement de cette suspension. Le gouvernement avait proposé une surtaxe sur les mutuelles, mais celle-ci a été largement rejetée par les députés de la commission des affaires sociales, estimant que l’effort retomberait sur les patients. Les socialistes ont, quant à eux, réussi à faire voter un amendement proposant une hausse de la CSG sur le capital pour compenser le coût de la suspension. Cette situation préfigure des débats houleux à l’Assemblée nationale, où le PLFSS sera discuté en première lecture à partir du 4 novembre.






