Boris-Vallaud-speech
Le Parti socialiste a présenté son budget alternatif 2026 : réduction du déficit moins rapide, retour à la retraite à 62 ans, taxe sur les très hauts patrimoines et baisse de la CSG pour les revenus modestes.

Le Parti socialiste (PS) a dévoilé samedi 30 août, lors de ses universités d’été à Blois, un projet de budget alternatif pour 2026. Ce plan prévoit une réduction du déficit public deux fois moindre que celle proposée par le Premier ministre François Bayrou, soit 21,7 milliards d’euros. L’ambition affichée est d’atteindre un déficit à 5 % du PIB en 2026 et de le ramener à 2,8 % en 2032, un horizon plus lointain que celui envisagé par M. Bayrou (2029).

Parmi les mesures phares de cette proposition figure la suspension immédiate de la réforme des retraites, avec l’objectif clair d’un retour à l’âge de départ de 62 ans. Le PS souhaite également instaurer une taxe sur les plus hauts patrimoines et procéder à une baisse ciblée de la CSG pour les ménages modestes, afin de soutenir le pouvoir d’achat. « Il nous faut d’évidence reprendre la main » face « au budget de souffrance » du Premier ministre, a déclaré Boris Vallaud, chef des députés socialistes.

Le plan de financement socialiste repose sur deux piliers : 14 milliards d’euros d’économies et 26,9 milliards d’euros de recettes nouvelles. Les économies proviendraient notamment d’une réduction des aides aux grandes entreprises, d’une rationalisation du fonctionnement de l’État et d’une régulation du système de santé. Quant aux recettes, la « première pierre angulaire » serait une contribution de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, inspirée par l’économiste Gabriel Zucman. Selon la députée Estelle Mercier, cette taxe « touche 0,01 % des Français et pourrait rapporter 15 milliards d’euros ».

En outre, le Parti socialiste propose un plan de relance et de soutien aux entreprises de 10 milliards d’euros, axé sur la souveraineté et la transition écologique. Boris Vallaud a annoncé des rencontres avec les partenaires de gauche dès la semaine prochaine pour discuter de ces propositions, espérant également rallier des députés au-delà de la gauche pour construire une majorité autour de ce budget.