
Une étude récente menée par le médiateur national de l’énergie révèle une hausse alarmante de la précarité énergétique en France. En 2025, 35% des Français déclarent souffrir du froid, une augmentation significative par rapport aux 30% enregistrés en 2024. Cette tendance préoccupante met en lumière les défis croissants auxquels sont confrontés de nombreux ménages face à la flambée des coûts de l’énergie et à l’insuffisance des aides.
Les chiffres de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) pour 2023 indiquaient déjà que plus de 3,1 millions de ménages, soit 10,1% de la population, vivaient en situation de précarité énergétique. Sont considérés comme tels les ménages les plus modestes consacrant plus de 8% de leurs revenus à leurs dépenses énergétiques. Ce phénomène ne cesse de s’aggraver, avec un bond inédit du nombre de Français peinant à payer leurs factures de gaz ou d’électricité, passant de 28% en 2024 à 36% en 2025.
Maider Olivier, coordinatrice de la Journée contre la précarité énergétique, exprime son inquiétude face à cette « hausse très rapide sur un an seulement ». Malgré l’ampleur du problème, elle déplore que la lutte contre la précarité énergétique ne semble pas être une priorité pour le nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les aides à la rénovation énergétique, telles que MaPrimeRénov’, ont été considérablement réduites. Manuel Domergue de la Fondation pour le logement des défavorisés souligne que le niveau des aides a été divisé par deux, rendant l’accès à des rénovations coûteuses quasi impossible pour les ménages très modestes.
En parallèle, le nombre de passoires énergétiques reste élevé, avec 12,7% des résidences principales classées comme telles au 1er janvier 2025, soit 3,9 millions de logements. Au-delà du logement, la précarité s’étend à la mobilité, avec 15 millions de personnes en 2023 incapables de se déplacer comme elles le souhaiteraient. Cette situation globale souligne l’urgence d’une action gouvernementale forte et ciblée pour soutenir les ménages les plus vulnérables face à l’augmentation des prix de l’énergie et l’état des logements.






