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Les mouvements populistes dénoncent les politiques écologiques, accusées de peser sur les classes populaires, pourtant premières victimes de la dégradation environnementale.

Les mouvements populistes de droite gagnent du terrain dans de nombreux pays, souvent en dénigrant les politiques de protection de l’environnement. Ils accusent ces dernières de « rendre la vie des gens impossible » pour des bénéfices jugés lointains et incertains. Ces mouvements ciblent fréquemment les citadins aisés, adeptes du vélo et du véganisme, opposés aux voitures polluantes et au mode de vie des banlieusards et des ruraux. En exploitant ce sentiment d’humiliation sociale, ils rejettent en bloc les initiatives écologiques.

Il est vrai que les milieux populaires sont parfois les premiers à subir les conséquences de ces initiatives. Les pouvoirs publics ont parfois demandé aux moins aisés des efforts disproportionnés par rapport aux plus riches, pourtant plus grands pollueurs. Cette situation est inacceptable. Cependant, il est crucial de comprendre que les véritables perdants de la détérioration des milieux naturels ne sont pas les privilégiés, mais bien les classes populaires et, en particulier, les plus modestes.

La pollution de l’air est un exemple frappant. Qui en souffre le plus ? Ceux qui, pour des raisons financières, ne peuvent pas déménager loin des installations polluantes. Les grandes villes comme Paris, Marseille ou Lyon, bien que globalement plus polluées, cachent de profondes inégalités. En Île-de-France, par exemple, les quartiers avec l’air le plus pollué se trouvent majoritairement en Seine-Saint-Denis, près de l’autoroute A1. Mais les zones rurales ne sont pas épargnées. En moyenne, les populations des territoires défavorisés respirent un air de mauvaise qualité sept semaines de plus par an que celles des zones aisées.