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Une coalition inédite de partis de droite et d'extrême droite au Parlement européen s'apprête à voter un règlement durcissant la politique migratoire pour faciliter l'expulsion des clandestins. Cette initiative de François-Xavier Bellamy marque un tournant controversé.

Un changement majeur s’annonce au Parlement européen, où l’alliance traditionnelle entre socialistes, libéraux et le centre droit (PPE) est mise à l’épreuve. Ce lundi 9 mars, une coalition inédite de partis conservateurs, nationalistes et souverainistes devrait s’unir pour adopter un règlement clé visant à faciliter l’expulsion des migrants en situation irrégulière, souvent désignés comme « clandestins ».

Sous l’impulsion de François-Xavier Bellamy, chef de la délégation française du PPE (Les Républicains), ce texte pourrait être approuvé grâce au soutien de l’ECR (Conservateurs et Réformistes européens, incluant des membres comme Marion Maréchal), des Patriotes pour l’Europe (Rassemblement National) et de l’Europe des nations souveraines (Reconquête). Cette formation d’une coalition alternative, déjà observée en décembre sur des questions migratoires, marque une évolution notable dans les dynamiques du Parlement européen.

Le projet de règlement en question vise à renforcer les procédures de « retour » ou de reconduite aux frontières des personnes en séjour irrégulier. François-Xavier Bellamy a exprimé à plusieurs reprises la nécessité pour l’Europe de maîtriser ses frontières et de disposer de moyens efficaces pour renvoyer les migrants illégaux. Il a notamment souligné que la politique migratoire actuelle ne fonctionne pas et que l’immigration est devenue un « outil de guerre hybride » selon lui.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’extrême droite renforce son influence sur la politique migratoire de l’UE, en plaidant pour un durcissement des règles d’asile et un renforcement des contrôles aux frontières. Des organisations de défense des droits humains ont critiqué ce texte, l’assimilant à une « fuite en avant répressive » et dénonçant des mesures potentiellement attentatoires aux droits fondamentaux, telles que des perquisitions sans mandat ou le fichage de masse.

Le débat autour de cette réforme soulève des questions importantes sur l’équilibre entre la souveraineté nationale, la gestion des flux migratoires et le respect des droits humains. Le succès de cette coalition de droite pourrait signifier un tournant dans la politique migratoire européenne, avec des implications significatives pour l’avenir des demandeurs d’asile et des personnes en situation irrégulière sur le continent.