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Le gouvernement lance son plan contre la désinformation en santé, avec un rapport d'experts, un observatoire et des kits éducatifs. Une stratégie visant à démêler le vrai du faux, mais qui suscite aussi des interrogations.

Le gouvernement a dévoilé ce lundi un plan national de lutte contre la désinformation en santé, suite à la remise d’un rapport commandé par l’ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder. Sa successeure, Stéphanie Rist, a présenté les grandes lignes de cette stratégie, accompagnée de la publication du rapport rédigé par les professeurs Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et le Dr Hervé Maisonneuve.

Ces experts ont mené 156 entretiens auprès de 270 personnes, incluant des représentants d’agences sanitaires, d’associations, d’universités, d’organismes de santé et de recherche, de l’assurance maladie, ainsi que des journalistes et des personnalités politiques. Le rapport qui en découle propose une série de « recommandations », mêlant bonnes idées, vœux pieux et propositions potentiellement controversées.

La désinformation en santé est désormais clairement identifiée comme un risque majeur plutôt qu’une simple opinion divergente. L’objectif est de fournir des outils et des méthodes pour aider les citoyens à mieux distinguer les informations fiables des contenus trompeurs. Ce plan s’articule autour de quatre axes principaux, visant à renforcer la veille informative, à améliorer l’éducation du public et à promouvoir une meilleure compréhension des enjeux scientifiques et médicaux.

Parmi les initiatives prévues, on retrouve la mise en place de sondages réguliers pour évaluer l’impact de la désinformation, la création d’un Observatoire dédié à ce phénomène, et le développement de kits éducatifs destinés à différents publics. Ces mesures visent à outiller les citoyens face à un flux croissant d’informations, parfois contradictoires, et à renforcer la confiance dans les institutions de santé.

Cependant, l’initiative suscite également des interrogations. Certains craignent que de tels dispositifs ne servent à « bâillonner » les avis divergents, soulignant que la médecine n’est pas une science exacte et que les traitements évoluent constamment. La question de la « vérité » en santé et la légitimité à labelliser certaines informations comme « fausses » restent des points sensibles du débat public.