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Après des années fastes, le cours de l'or a chuté brutalement début 2026 suite à l'annonce de la candidature de Kevin Warsh à la tête de la Fed, qui pourrait renforcer le dollar. La financiarisation croissante de l'or, via les ETF, amplifie sa volatilité.

Après des années 2023, 2024 et surtout 2025 marquées par une envolée spectaculaire de sa valorisation, le cours de l’or a subi une correction notable début 2026. Alors que l’once d’or avait vu sa valeur bondir de 65% en 2025, atteignant un pic historique de 5 600 dollars (4 800 euros) le 29 janvier, elle a dégringolé de 17% pour retomber à 4 660 dollars au 2 février.

Cette chute s’est produite le 30 janvier, notamment après l’annonce de la candidature de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed). Kevin Warsh, réputé pour sa volonté affichée de revaloriser le dollar et de mener une politique monétaire plus restrictive, a provoqué une réaction immédiate sur les marchés. Les métaux précieux, qui bénéficient généralement d’un dollar faible, ont mécaniquement reculé.

Historiquement accessible sous forme physique (lingots, barres, pièces), l’or est de plus en plus influencé par sa financiarisation croissante. De nombreux fonds indiciels, tels que les ETF (Exchange Traded Funds), répliquent désormais passivement la performance de cet actif. Ces fonds, commercialisés par des gestionnaires comme Amundi, BlackRock ou WisdomTree, permettent de suivre le cours de l’or sans en détenir directement, certains étant même assortis d’un effet de levier pouvant multiplier les gains et les pertes.

Selon Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM, « L’or n’est pas un actif volatil par nature, mais devient vulnérable à des mouvements financiers importants. Or, les fonds spéculatifs ont vendu leurs parts dans ces ETF pour générer des gains importants. Ce retrait soudain d’argent a amplifié mécaniquement cette chute. » L’or papier, via les ETF, offre une liquidité et une simplicité logistique, mais expose également le métal jaune à une plus grande volatilité boursière.

Malgré cette correction, les prévisions pour 2026 restent nuancées. Certains analystes tablent sur une consolidation à un niveau élevé, tandis que d’autres envisagent de nouveaux records, soutenus par les incertitudes géopolitiques et la demande continue des banques centrales.