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Les drones transforment le narcotrafic, utilisés pour surveiller les points de deal et livrer en prison. L'Ofast révèle une multiplication par cinq des usages illégaux depuis 2020. Un défi majeur pour la sécurité.

Les drones sont devenus un outil prisé des narcotrafiquants, marquant une percée fulgurante dans le crime organisé. Une note de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), datée de ce jeudi 16 janvier 2026, souligne l’attrait de ces engins « accessibles et faciles d’utilisation » pour les bandes criminelles. Ce phénomène, en parallèle du développement du marché des drones, a vu leurs usages illégaux se multiplier de manière significative.

L’Ofast révèle qu’en 2024, pas moins de 406 personnes ont été mises en cause pour utilisation illégale de drones, ce qui représente une multiplication par cinq depuis 2020. La majorité de ces drones sont acquis en grande surface ou sur internet. Pour échapper aux contrôles, les criminels désactivent la fonction d’identification à distance, rendant les appareils indétectables aux systèmes de surveillance.

Les drones sont désormais employés pour diverses activités illicites, notamment la surveillance des points de deal et les livraisons en prison. Le port du Havre, par exemple, a été survolé plus d’un millier de fois par ces engins en 2024. Dans les établissements pénitentiaires, les survols ont été multipliés par six en un an, permettant la livraison de stupéfiants, téléphones et même d’armes. Des réseaux dédiés à ces livraisons par drone sont régulièrement démantelés, avec des chiffres d’affaires pouvant atteindre deux millions d’euros pour cette seule activité.

Face à cette menace croissante, les autorités cherchent à s’adapter. La police de Rennes a par exemple commencé à utiliser des drones pour soutenir les patrouilles au sol dans la lutte contre le narcotrafic, offrant une meilleure coordination et une surveillance de zones difficiles d’accès. Cependant, la facilité d’acquisition et la discrétion des drones illégaux posent de nouveaux défis pour la sécurité. Des mesures telles que l’installation de filets anti-drones autour des prisons ou de scanners corporels sont envisagées pour contrer ce fléau.