
L’élection d’Emmanuel Macron en 2017 promettait une refonte de la vie politique française. Neuf ans plus tard, si la décomposition est avérée, la recomposition politique est toujours en cours, comme l’ont montré les récentes élections municipales. À un an de l’échéance présidentielle, la scène politique française apparaît plus fragmentée et instable que jamais.
Le macronisme, jadis pôle d’attraction, a été largement balayé des communes, laissant place à des batailles intenses au sein des arcs de gauche et de droite. Ces derniers sont tiraillés par les populismes distincts de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN).
Le Rassemblement national n’a pas réalisé de conquêtes massives dans les villes moyennes, mais ses victoires à Perpignan et Hénin-Beaumont confirment sa domination sur ses bastions. Plus notable est sa progression significative dans de grandes métropoles du sud, éclipsant la droite traditionnelle. Des figures comme Laure Lavalette à Toulon ou des ralliés de LR, tels qu’Éric Ciotti à Nice, illustrent cette dynamique. Jordan Bardella, président du RN, a d’ailleurs appelé à l’union avec « des listes de droite sincères », renforçant l’idée d’une alliance future.
À l’approche de 2027, le RN poursuit localement la stratégie de Marine Le Pen visant à dédiaboliser le parti. Après un groupe à l’Assemblée en 2022, sa montée dans les municipalités, au détriment de la droite, renforce sa prétention à être la seule alternative crédible. Bruno Retailleau, président de LR, en appelant à un « cordon sanitaire » uniquement contre LFI, ne freine pas cette dynamique.
À gauche, le Parti socialiste (PS) et la gauche unie se sont imposés dans plusieurs métropoles (Lille, Rennes, Nantes), signalant un ancrage électoral urbain. Cependant, LFI réalise des percées importantes et se maintient dans de nombreuses villes, malgré les polémiques autour de Jean-Luc Mélenchon. Face à l’extrême droite, la discipline républicaine est mise à l’épreuve. Alors que le PS n’exclut pas des rapprochements locaux, Olivier Faure laisse ses candidats libres de leurs choix, ce qui ne clarifie pas la situation avant 2027.
Les négociations de l’entre-deux-tours sont donc cruciales. La transparence sera essentielle pour que les électeurs comprennent les stratégies, à moins d’une semaine du second tour et un peu plus d’un an de l’élection présidentielle.






