
À l’approche des élections municipales de mars 2026, la question de l’accès aux soins s’impose comme un enjeu majeur pour les candidats et les électeurs. Malgré les efforts gouvernementaux, comme le « pacte » dévoilé en avril 2025 par l’ancien Premier ministre François Bayrou, près de 87 % du territoire français est toujours considéré comme un désert médical, affectant près de 9 millions de personnes.
Les mairies multiplient les initiatives pour attirer les professionnels de santé, proposant des logements pour les praticiens ou finançant la création de maisons de santé. Ces actions locales sont essentielles, car la santé est devenue la première attente des Français (70 %) vis-à-vis de leur futur maire, surpassant la sécurité (68 %) et la lutte contre les incivilités (62 %), selon une enquête de l’institut CSA pour France Assos Santé réalisée fin 2025.
Ce sondage révèle également que 37 % des Français souhaitent que leur maire s’empare en priorité du sujet de l’accès aux soins. Une grande majorité (93 %) plébiscite d’ailleurs l’installation de centres ou maisons de santé pluriprofessionnelles. L’enquête met en lumière un paradoxe : si les Français reconnaissent globalement les compétences de leurs élus locaux en matière de santé, 47 % estiment que leur maire n’agit pas suffisamment. Par ailleurs, 55 % des citoyens manquent d’informations sur les initiatives municipales dans ce domaine.
Face à cette situation préoccupante, les collectivités territoriales, notamment les mairies, sont en première ligne. Elles doivent conjuguer leurs efforts avec les politiques nationales pour offrir des solutions concrètes. Le pacte de lutte contre les déserts médicaux de François Bayrou prévoyait, entre autres, la diversification de l’origine géographique et sociale des étudiants en santé, l’augmentation du nombre de médecins formés, et l’obligation pour certains médecins de consacrer jusqu’à deux jours par mois à des consultations dans les zones prioritaires. Ces mesures visent à générer un potentiel de 50 millions de consultations supplémentaires par an dans les zones sous-dotées. Cependant, la persistance des déserts médicaux montre que le chemin est encore long et que l’engagement des élus locaux est plus que jamais crucial.






