
Le second tour des élections municipales de 2020, qui s’est tenu le 28 juin, a révélé des dynamiques électorales complexes, où les fusions de listes n’ont pas toujours garanti la victoire. L’analyse des résultats complets permet de constater un décalage entre le « potentiel électoral » calculé après le premier tour et la réalité des urnes. En effet, dans 233 communes de plus de 3 500 habitants, la liste initialement perçue comme favorite a finalement été battue. Parmi celles-ci, 110 étaient issues d’une fusion.
Dans les villes de plus de 30 000 habitants, 38 listes fusionnées et mieux placées ont échoué, tandis que 33 ont réussi leur pari. Ce constat souligne la difficulté d’anticiper précisément les reports de voix et l’impact réel des alliances entre les deux tours. Les fusions, qu’elles soient « techniques » ou « programmatiques », bien qu’encadrées par le Code électoral, dépendent fortement des rapports de force et des ambitions politiques locales.
À Brest, par exemple, la fusion des listes du Parti Socialiste (PS) et de La France insoumise (LFI) a obtenu des suffrages proches de la somme de leurs scores au premier tour. Cependant, le candidat Les Républicains (LR), Stéphane Roudaut, a su fédérer un électorat bien au-delà de son « potentiel théorique », remportant ainsi la victoire avec 14 272 voix supplémentaires, soit 27 points de plus. Ce scénario montre comment une mobilisation accrue peut inverser les tendances prévisionnelles.
Inversement, à Nantes, la fusion entre le PS et LFI a été bénéfique à la maire sortante, Johanna Rolland. Elle a réussi à conserver son siège face à la liste LR de Foulques Chombart de Lauwe, en récoltant environ 8 500 voix de plus qu’au premier tour. Malgré les quelque 18 400 voix supplémentaires pour son rival, cela n’a pas suffi à changer l’issue du scrutin. Ces exemples illustrent la diversité des comportements électoraux et l’importance des contextes locaux dans le succès ou l’échec des stratégies d’alliance.







