
Le Moyen-Orient est secoué par une escalade de la tension. La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exhorté Israël à s’abstenir de toute opération militaire visant à s’emparer d’une zone du sud du Liban, s’étendant jusqu’au fleuve Litani. Cette prise de position intervient après l’annonce du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, d’une telle intention sécuritaire. Paris souligne les « conséquences humanitaires majeures » et l’aggravation d’une situation déjà « dramatique » pour le pays.
Parallèlement, la France a salué la « décision courageuse » du Liban d’expulser l’ambassadeur d’Iran, Mohammad Reza Raeuf Sheibani. Cette mesure fait suite aux accusations de Beyrouth envers les Gardiens de la Révolution iraniens, les tenant pour responsables des opérations du Hezbollah contre Israël depuis le territoire libanais. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a pour sa part appelé à annexer les terres du sud du Liban jusqu’au Litani, affirmant que la « nouvelle frontière israélienne doit être le Litani ».
Le conflit a également des répercussions au-delà de la zone directe des affrontements. L’Iran a lancé de nouvelles salves de missiles contre Israël, blessant notamment un nourrisson dans le sud du pays. En Irak, 15 combattants du Hachd al-Chaabi, alliance pro-iranienne, ont été tués dans une frappe aérienne attribuée aux États-Unis. Ces événements mettent en lumière l’instabilité grandissante et les menaces pour la sécurité régionale, incitant le Pakistan à proposer d’accueillir des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran pour un règlement du conflit.
Les conséquences économiques et énergétiques de cette guerre sont également préoccupantes. La Banque asiatique de développement (BAD) a annoncé un plan d’aide aux pays membres touchés, tandis que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur la pire crise énergétique depuis des décennies. Plusieurs compagnies aériennes, dont Lufthansa et Cathay Pacific, ont prolongé la suspension de leurs vols vers le Moyen-Orient. Au niveau national, la France s’inquiète de l’« imprévisibilité des États-Unis », un allié jugé de plus en plus difficile à anticiper, impactant les intérêts et la sécurité français.






