
La polémique autour du décès du streameur Jean Pormanove prend une nouvelle tournure. Après l’annonce par le gouvernement français d’une action en justice contre la plateforme de streaming Kick, l’entreprise australienne a réagi. Dans un communiqué, elle exprime son regret face aux « fausses informations qui circulent » et accuse Paris de chercher à instrumentaliser cette tragédie à des fins politiques.
« Nous sommes déçus d’apprendre la procédure lancée par la ministre dans la presse. Cela suggère qu’il ne s’agit pas de la sécurité des créateurs ou des clients, ou du bien-être de l’industrie, mais d’un discours politicien qui cherche à tirer parti d’une perte individuelle tragique », a déclaré la firme. Kick affirme souhaiter « travailler sereinement avec les autorités françaises » et insiste sur le fait que la chaîne de Jean Pormanove diffusait du « contenu typique d’un livestream et d’une chaîne de jeux vidéo ».
L’entreprise assure également n’avoir jamais été sollicitée par les autorités françaises pour fermer la chaîne, malgré les révélations de Mediapart. Jean Pormanove est décédé en direct ce mois-ci, lors d’un livestream de douze jours sur Kick. Sa mort a choqué de nombreux internautes, qui ont découvert les scènes de violence et d’humiliation auxquelles il était soumis par deux autres streamers, « Naruto » et « Safine ». Ces derniers avaient été placés en garde à vue en janvier pour des soupçons de violence sur personnes vulnérables, suite à un article de Mediapart dénonçant des vidéos d’humiliation.
Accusée d’inaction aux côtés de l’Arcom, la ministre du Numérique, Clara Chappaz, a défendu sa position et annoncé une action en justice contre Kick pour « manquements ». Selon elle, l’entreprise « n’a pas fait ce qui était en son pouvoir » pour prévenir cette tragédie. Des propos que la plateforme conteste, rétorquant que les contenus litigieux étaient connus des autorités sans que celles-ci n’interviennent.