Mexican-cartel-violence
La mort d'« El Mencho », chef du puissant Cartel de Jalisco Nouvelle Génération, a déclenché une vague de violences au Mexique. Des représailles sanglantes sont anticipées.

Le Mexique est secoué par une intense vague de violences suite à la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », le redoutable leader du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG). Son élimination, survenue dimanche lors d’une opération militaire soutenue par les États-Unis, a plongé le pays dans l’incertitude.

Considéré comme l’un des criminels les plus recherchés au monde, avec une récompense de 15 millions de dollars offerte par les États-Unis pour sa capture, Nemesio Oseguera Cervantes a été mortellement blessé lors d’un affrontement dans l’État de Jalisco, avant de décéder pendant son transfert vers Mexico. Ancien policier, il avait fondé le CJNG en 2009, transformant l’organisation en un cartel ultra-violent et l’un des plus puissants du Mexique.

En réponse à cette opération, des membres présumés du cartel ont immédiatement déclenché des attaques coordonnées dans au moins vingt États du pays. Des routes ont été bloquées par des véhicules incendiés, et des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre, notamment à Guadalajara, Puerto Vallarta et dans l’État de Michoacán. Ces actes de violence ont entraîné l’annulation de vols, la fermeture d’écoles et la suspension des transports publics dans les zones les plus affectées, créant des scènes de panique.

Malgré le succès de l’opération saluée par les autorités mexicaines et américaines, le chercheur Gaspard Estrada, spécialiste de l’Amérique latine, estime que la mort d’« El Mencho » ne suffira pas à éradiquer le narcotrafic. Au contraire, cette disparition pourrait engendrer des luttes intestines pour le pouvoir au sein du CJNG et une recrudescence des violences. Le Mexique, déjà confronté à plus de 450 000 morts et 100 000 disparus liés aux cartels depuis 2006, pourrait connaître une nouvelle période d’instabilité.

Le CJNG est reconnu pour sa brutalité et sa capacité à défier ouvertement l’État, allant jusqu’à attaquer des convois militaires et utiliser des lance-roquettes. Le cartel est également un acteur majeur du trafic international de drogues, notamment le fentanyl, la cocaïne et la méthamphétamine, avec une présence étendue en Amérique latine, aux États-Unis, en Europe, en Asie et même en Australie. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a appelé au calme, tandis que l’armée a déployé 2 500 soldats supplémentaires dans l’ouest du pays pour tenter de contenir la situation.