
Le gouvernement français a annoncé son intention de prendre un arrêté pour interdire l’importation de produits d’Amérique du Sud contenant des résidus de substances phytosanitaires prohibées en Europe. Cette mesure vise à apaiser la colère des agriculteurs et à garantir le respect des normes sanitaires européennes. L’arrêté, attendu « dans les prochains jours », ciblera spécifiquement les produits contenant du mancozèbe, du glufosinate, du thiophanate-méthyl et du carbendazime, des substances interdites dans l’Union Européenne.
Cette décision fait suite aux préoccupations croissantes concernant le traité de libre-échange avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), auquel la France s’oppose fermement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé que cette interdiction concernerait des produits tels que les avocats, les mangues, les goyaves, les agrumes, les raisins et les pommes en provenance d’Amérique du Sud ou d’autres régions. Des contrôles renforcés seront mis en place par une brigade spécialisée pour s’assurer du respect de ces nouvelles normes sur le territoire national.
La ministre de l’Agriculture, Annie Gennevard, avait précédemment évoqué cette « mesure conservatoire applicable à la France », soulignant qu’elle nécessiterait une décision de Bruxelles. L’Union Européenne dispose déjà d’un système strict de restriction des substances actives et a réaffirmé sa volonté de ne pas autoriser l’entrée de produits contenant des pesticides interdits sur son territoire, bien que le problème des « doubles standards » reste une préoccupation majeure pour les organisations de la société civile. En effet, l’UE exporte certains pesticides qu’elle interdit ensuite d’utiliser sur son propre sol, créant un « effet boomerang » via les importations de denrées traitées avec ces mêmes substances.
Cette annonce représente une première étape significative pour protéger les filières agricoles françaises et les consommateurs, en luttant contre la concurrence déloyale. Elle intervient dans un contexte de manifestations agricoles où le traité Mercosur est l’une des principales sources de mécontentement.






