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La Coordination Rurale et la Confédération Paysanne ont uni leurs forces l'hiver dernier contre la politique d'abattage liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Une convergence syndicale inédite face à la crise sanitaire bovine.

Contre toute attente, la Coordination Rurale (CR) et la Confédération Paysanne se sont unies durant l’hiver 2025-2026, lors des mobilisations agricoles. Ces deux syndicats, aux positionnements politiques habituellement opposés – la CR à droite, la Confédération Paysanne altermondialiste à gauche – ont manifesté côte à côte. La Coordination Rurale est devenue le deuxième syndicat agricole français, derrière la FNSEA.

Le point de convergence de leurs revendications est la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie virale touchant les bovins, détectée pour la première fois en France en juin 2025 en Savoie. Leur mot d’ordre commun : « On ne touche pas à nos animaux, on refuse les abattages systématiques des troupeaux pour stopper l’épidémie. » Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération Paysanne, a souligné que cette convergence a débuté dès les premières alertes en Haute-Savoie à l’été 2025, où les militants des deux syndicats dénonçaient la politique gouvernementale d’abattage.

Face à cette épidémie, le ministère de l’Agriculture a renouvelé la vaccination obligatoire des bovins en 2026 dans quatre régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Cependant, la Coordination Rurale avait préconisé une extension de la vaccination à l’ensemble du territoire métropolitain, une option non retenue par les autorités, craignant de suspendre le statut « indemne » de la France, crucial pour les exportations. Les indemnisations pour les éleveurs dont les animaux ont été abattus ont été exonérées d’impôts et de cotisations sociales.

La mobilisation a été intense. En décembre 2025, de nouveaux foyers de DNC ont été confirmés en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées. Le gouvernement a alors instauré des mesures nationales, interdisant les rassemblements festifs de bovins et réduisant le délai de notification des mouvements de bovins à 24 heures. Malgré les appels à une trêve de Noël, les syndicats, dont la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale, ont annoncé la reprise des mobilisations en janvier 2026, jugeant les annonces gouvernementales insuffisantes. Cette période a vu la Coordination Rurale gagner en visibilité et en influence face à la FNSEA.