
Dix ans après sa création le 6 avril 2016 par Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, le mouvement « En Marche », rebaptisé depuis Renaissance, semble aujourd’hui éparpillé. L’ambition initiale de dépasser les clivages droite-gauche et de lever les « blocages » français a laissé place à une fragmentation du paysage politique. Initialement présenté comme un « mouvement politique nouveau », En Marche se voulait une « révolution démocratique » contre un système politique jugé sclérosé.
Le parti, qui a propulsé Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, a depuis connu des transformations, et les relations au sein de ce qui est désormais appelé Renaissance sont devenues complexes. Le président d’honneur, Emmanuel Macron, ne détiendrait plus un pouvoir direct sur sa propre création, capturée en 2024 par Gabriel Attal, avec lequel les relations sont dites polaires. La vision d’un grand parti démocrate à l’américaine s’est estompée après 2017, et le mouvement n’a pas réussi à s’ancrer pleinement dans les territoires.
Le bilan des réformes du quinquennat est jugé contrasté, avec des progrès dans certains domaines comme l’emploi et l’attractivité, mais des objectifs de réindustrialisation et de réduction des inégalités salariales encore partiellement atteints. La notion du « et en même temps », chère au président, se reflète dans des réformes souvent perçues comme moins tranchées une fois votées.
Aujourd’hui, le paysage politique français est caractérisé par une forte fragmentation, avec la montée des blocs de droite et de gauche. Emmanuel Macron, réélu en 2022, a perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, entraînant des difficultés de gouvernance et une instabilité accrue. Cette situation a mené à l’adoption de réformes importantes sans vote de l’Assemblée et à une série de remaniements ministériels. La fragmentation n’est plus un risque mais une réalité pour les sociétés, un constat partagé par le président lui-même lors d’une visite en Corée du Sud.






