
Emmanuel Macron a annoncé une « évolution majeure » de la doctrine nucléaire française, présentant depuis la base de l’Île Longue, près de Brest, une stratégie actualisée pour faire face aux défis nationaux et européens. Cette nouvelle approche inclut une « dissuasion avancée » en collaboration avec plusieurs alliés du continent.
Huit pays européens ont déjà donné leur accord pour participer à cette « dissuasion avancée » : l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Cette coopération permettra aux alliés de prendre part aux exercices de dissuasion nucléaire français et d’accueillir, si nécessaire, des éléments des forces stratégiques françaises sur leur territoire. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a notamment salué cette initiative, déclarant que son pays menait des discussions avec la France et ses alliés européens concernant ce programme.
Le président français a également souligné un resserrement des liens avec le Royaume-Uni, le qualifiant de « partenaire majeur et puissance nucléaire indépendante ». Une coordination des dissuasions respectives a été évoquée, avec la participation de hauts responsables britanniques à des exercices aériens stratégiques français. Parallèlement, la France et l’Allemagne ont annoncé une « coopération plus étroite » dans ce domaine, incluant la participation allemande aux exercices nucléaires français et des visites conjointes de sites stratégiques. Cette collaboration bilatérale s’inscrit dans un « groupe de pilotage nucléaire de haut niveau » et complétera, sans la remplacer, la dissuasion de l’OTAN.
Malgré cette ouverture européenne, Emmanuel Macron a insisté sur le caractère « intangible » de la dissuasion française. La décision ultime d’engager le feu nucléaire restera une prérogative souveraine du seul président de la République. En outre, le président a confirmé la construction d’un nouveau sous-marin nucléaire lanceur d’engins, baptisé « L’Invincible », dont la mise en service est prévue pour 2036. Il a également ordonné une augmentation du nombre de têtes nucléaires de l’arsenal français, tout en précisant que ces chiffres ne seraient plus communiqués publiquement.






