Loic-Prudhomme-serious
Le député Loïc Prud’homme prend ses distances avec La France insoumise (LFI), invoquant un « désaccord stratégique » sur la conquête du bloc abstentionniste et une « lassitude » face aux polémiques.

Le député de Gironde, Loïc Prud’homme, a officialisé sa prise de distance avec La France insoumise (LFI), évoquant un « désaccord stratégique » profond. Élu depuis 2017, l’ancien syndicaliste quitte le groupe des insoumis à l’Assemblée pour devenir apparenté, une décision motivée par une « lassitude » face aux « petites phrases délétères » et une divergence sur la stratégie de conquête de « l’abstentionniste ».

Ce départ, confirmé à Libération et à l’AFP, n’est « non sans amertume, mais sans regret », selon un message adressé à ses militants. Prud’homme conteste la stratégie déployée par LFI depuis 2022, année marquée par la troisième place de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et la création de la Nupes. Il pointe notamment des propos jugés polémiques de Jean-Luc Mélenchon, comme ses remarques sur les noms « Epstein » et « Glucksmann » lors de la campagne des municipales, qui ont ravivé des accusations d’antisémitisme.

Pour Loïc Prud’homme, ces méthodes nuisent à la capacité de LFI à porter ses idées et sapent le travail militant de terrain. Proche de François Ruffin, il avait tenté d’alerter en interne, sans succès. L’ancienne députée insoumise Raquel Garrido souligne que les dernières élections municipales ont été un élément déclencheur. À Bègles, où Prud’homme était candidat, une tentative de programme commun avec le maire écologiste sortant aurait été contrecarrée par les « consignes » de division de la direction nationale de LFI et de la fédération girondine du PS. La droite a finalement remporté la ville, démontrant, selon Garrido, les limites de cette stratégie.

Ce divorce politique met en lumière les tensions internes au sein de LFI et les défis rencontrés par le mouvement pour élargir sa base électorale et maintenir une cohésion interne face aux critiques.