Locmariaquer-coastal-town
Le maire de Locmariaquer, Hervé Cagnard, est sous le choc après l'échec d'un référendum sur la construction de logements en bail réel solidaire. Face à la spéculation immobilière et au vieillissement de la population, la commune bretonne cherche des solutions pour permettre aux jeunes et aux actifs de se loger.

Hervé Cagnard, le maire de Locmariaquer (Morbihan), se dit « sous le choc » suite à l’échec du référendum local du 18 mai. Cette consultation visait à sonder l’avis des habitants sur l’aménagement des dernières réserves foncières municipales pour la construction d’une trentaine de logements en bail réel solidaire (BRS). Ce dispositif innovant, qui sépare le foncier du bâti, permettrait aux ménages modestes d’acquérir des biens jusqu’à 40 % en dessous du prix du marché local. Le BRS est perçu comme un levier essentiel pour freiner la spéculation immobilière et assurer la transmission des habitations aux résidents à l’année.

L’enjeu est de taille pour cette commune bretonne de 1 600 habitants, où les prix de l’immobilier rivalisent avec ceux de Paris, atteignant en moyenne 5 719 € par mètre carré en juillet 2025. Le maire alerte sur une situation critique : « Sans intervention, ma commune va devenir un Ehpad et un centre de vacances à ciel ouvert ». En effet, la majorité de la population est retraitée et les jeunes actifs peinent à se loger, repoussés toujours plus loin dans les terres.

Locmariaquer subit une forte pression du marché locatif saisonnier, avec six habitations sur dix servant de résidences de vacances. Les logements disponibles à l’année sont souvent transformés en locations de courte durée, plus rentables pour les propriétaires. Ce phénomène, couplé au vieillissement de la population, se manifeste par la diminution des effectifs scolaires : l’école élémentaire ne compte plus que 54 enfants, contre 62 l’année précédente. La municipalité, malgré cet échec référendaire, explore des solutions pour dynamiser son offre de logements sociaux et maintenir une population jeune et active, essentielle à la vitalité de la commune.