Lionel-Jospin-politician
Lionel Jospin annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2002, fort de son expérience de Premier ministre, et présente cinq engagements clés pour l'avenir de la France.

Dans une déclaration faxée à l’AFP depuis son domicile parisien le mercredi 20 février 2002, Lionel Jospin a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Fort de près de cinq années passées en tant que Premier ministre, il a souligné avoir acquis une connaissance approfondie de la France, affirmant que son expérience au pouvoir l’avait rapproché des citoyens. Il a déclaré vouloir aborder une nouvelle étape avec une énergie renouvelée, de nouvelles idées et une détermination inébranlable.

Jospin a expliqué avoir attendu la fin des travaux parlementaires pour se déclarer, souhaitant ainsi participer pleinement au débat démocratique national. Sa candidature est motivée par le désir de restaurer l’esprit de responsabilité, qu’il considère comme le fondement de l’autorité. Il s’engage à placer la responsabilité au cœur de l’action publique et à la promouvoir à tous les niveaux de la société. Le candidat a également insisté sur la nécessité d’une nouvelle approche de la présidence, un président actif, qui présente un projet clair, prend des engagements et les respecte, travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement.

Lionel Jospin a articulé sa vision pour la France autour de cinq engagements majeurs. Premièrement, il souhaite une France active, déterminée à vaincre le chômage, en poursuivant les réformes et en développant massivement la formation continue pour le plein-emploi. Deuxièmement, il s’engage pour une France sûre, en renforçant les moyens de la justice, de la police et de la gendarmerie, et en refusant l’impunité. Il propose également une action d’envergure pour prévenir la violence dès le plus jeune âge.

Troisièmement, Jospin aspire à une France juste, visant à réduire les inégalités de revenus, de savoir, celles entre hommes et femmes, et celles entre les territoires. Il promet une réforme des retraites et de nouvelles formules pour garantir les régimes de répartition. Quatrièmement, il veut une France moderne, proposant un pacte de confiance à la jeunesse, axé sur l’éducation, la recherche, l’environnement et les nouvelles technologies. Enfin, il souhaite une France forte, acteur majeur du pluralisme mondial et promoteur de la régulation internationale, œuvrant pour une Europe élargie, économique, sociale et culturelle, tournée vers le développement, la paix et le respect des équilibres écologiques.

En conclusion, Jospin a souligné l’importance de ces engagements pour établir une relation de confiance entre les citoyens et leur plus haut représentant. Conscient de la désaffection de nombreux Français envers la politique, il a appelé à prendre la mesure des enjeux, notamment face aux menaces pesant sur la Sécurité sociale, les retraites, les services publics et le droit du travail. Il a exprimé sa volonté de faire reculer l’indifférence et la résignation, et de redonner du sens au choix démocratique et de l’espoir aux citoyens, affirmant sa foi dans les atouts de la France et l’aptitude des Français au mouvement.