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Liévin, ville historiquement socialiste du Pas-de-Calais, a voté pour le Rassemblement national, exprimant un profond « ras-le-bol » et une volonté de changement face au sentiment d'abandon.

La ville de Liévin, bastion socialiste historique dans le Pas-de-Calais, a créé la surprise en basculant dans l’escarcelle du Rassemblement national. Ce vote, qualifié de « changement », reflète un profond « ras-le-bol » et un sentiment d’abandon parmi les habitants de cet ancien bassin minier. Le candidat d’extrême droite, Dany Paiva, âgé de 30 ans, a remporté l’élection avec 53,5 % des voix, face au sénateur socialiste Jérôme Darras.

Devant l’hôtel de ville de cette commune de 30 000 habitants, profondément marquée par son héritage minier, le nouvel édile a annoncé que sa première mesure consisterait à « accompagner la police municipale dans sa mission ». Il estime que sa victoire s’explique par un « ras-le-bol général », soulignant également les alliances jugées confuses de la gauche ces dernières années : « Ils ont payé le prix », a-t-il déclaré.

Dans cette ville, endeuillée par la catastrophe minière de 1974, la plus meurtrière de l’après-guerre en France, le vote en faveur du RN est souvent perçu comme une volonté de rupture. « Le socialisme, il y en a plein les bottes », a tranché Philippe Allart, 57 ans, au chômage. Chantal, femme de ménage de 58 ans, a confirmé : « il y avait un ras-le-bol ».

Claude Chedin, un électeur socialiste et ancien salarié, a observé : « On n’est pas trop surpris, ça a monté tous les ans ». Dominique Limousin, 73 ans, a ajouté : « C’est bien dommage d’en arriver là, mais il aurait fallu s’en inquiéter avant, au PS ». Le politologue Pierre Mathiot explique ce phénomène par « l’essoufflement » des municipalités de gauche de longue date et une stratégie du RN basée sur des candidats « jeunes » et « présents sur le terrain ».