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Malgré le cessez-le-feu de novembre 2024, Israël maintient une emprise forte sur le Liban Sud, poursuivant ses frappes et son occupation technologique. Découvrez l'histoire de cette tension géopolitique persistante.

Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, mettant fin à la guerre menée par Israël contre le Hezbollah depuis octobre 2023, l’État hébreu continue ses frappes au Liban Sud. Cette situation perdure alors même que l’armée libanaise a annoncé en janvier avoir désarmé le Hezbollah dans la zone frontalière. Grâce à ses drones omniprésents et à l’occupation de cinq positions stratégiques, Israël maintient une emprise sécuritaire sur une région historiquement cruciale.

L’histoire de cette délimitation territoriale remonte à 1923, avec l’accord Paulet-Newcombe qui établit la frontière entre les mandats français au Liban et britannique en Palestine, amputant le Liban d’une partie de son territoire, le Doigt de Galilée. Cette ligne a été adoptée par la République libanaise à son indépendance en 1943 et par l’État d’Israël en 1948, puis confirmée en 1949 par la ligne d’armistice.

Le début des années 1970 marque l’arrivée des combattants de l’OLP au Liban Sud, transformant la région en base pour des attaques contre Israël. En mars 1978, Israël envahit le Liban jusqu’au Litani, se retirant en juin mais conservant une « ceinture de sécurité » de 10 kilomètres. L’occupation israélienne s’intensifie en juin 1982, avec une offensive visant à éliminer l’OLP, menant au siège de Beyrouth et au massacre de Sabra et Chatila. Cette intervention favorise l’émergence des milices chiites libanaises, dont le Hezbollah, qui devient le fer de lance du combat contre Israël.

En mai 2000, après vingt ans d’occupation coûteuse, Israël se retire unilatéralement du Liban Sud, consacrant la victoire du Hezbollah. L’ONU établit alors la « ligne bleue », une ligne de démarcation contestée par le Liban sur 13 portions, incluant les Fermes de Chebaa. La « guerre des trente-trois jours » en 2006, suite à l’enlèvement de soldats israéliens, voit l’armée israélienne se heurter à la résistance du Hezbollah, soutenu par l’Iran. Le cessez-le-feu du 14 août 2006, via la résolution 1701, prévoit le retrait du Hezbollah et d’Israël de la zone tampon entre le Litani et la « ligne bleue ».

Après l’attaque du Hamas en octobre 2023, le Hezbollah lance des missiles, provoquant une riposte israélienne massive. En septembre 2024, Israël lance l’opération « Flèches du Nord », débutant par des frappes aériennes intenses et le meurtre d’Hassan Nasrallah. L’invasion du Sud Liban suit le 30 septembre. Malgré le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, Israël a créé une zone tampon dépeuplée, interdisant le retour des habitants et détruisant les infrastructures. L’armée israélienne a également annoncé la possession indéfinie de cinq positions stratégiques et la construction de murs de béton empiétant sur le territoire libanais. L’utilisation omniprésente de drones permet à Israël de maintenir une « occupation technologique » à distance, exerçant une pression constante sur la population libanaise.