
David Greene, journaliste renommé de la radio publique américaine, a intenté une action en justice contre Google, accusant le géant de la technologie d’avoir utilisé sa voix sans consentement pour son assistant d’intelligence artificielle, NotebookLM. Ce dernier génère des résumés audios de documents, présentant une conversation entre deux voix virtuelles. Or, David Greene a reconnu sa propre voix dans l’une de ces productions.
David Greene, connu pour avoir co-animé «Morning Edition» sur NPR, a été alerté par un ancien collègue. Il décrit le moment comme «surnaturel», ayant eu l’impression de s’écouter lui-même. Il affirme que la voix reproduit fidèlement son débit, ses intonations et même ses tics de langage.
La plainte, déposée en Californie en janvier, suggère que Google a délibérément plagié sa voix sans compensation. Un cabinet d’étude non identifié aurait même établi une correspondance de 53 à 60% entre la voix artificielle de NotebookLM et celle de David Greene. Google, par la voix de son porte-parole José Castañeda, conteste ces allégations, affirmant que la voix masculine utilisée est celle d’un acteur professionnel rémunéré.
L’affaire met en lumière les défis juridiques posés par l’intelligence artificielle et l’utilisation des voix. David Greene s’appuie sur des lois existantes protégeant l’image des personnalités publiques. Un expert juridique de l’université de Cornell estime qu’il suffirait de prouver qu’un nombre significatif d’auditeurs associent la voix de NotebookLM à celle du journaliste pour que sa réputation soit affectée.
Pour David Greene, l’enjeu est profond : «Ma voix est la part la plus importante de qui je suis», confie-t-il. Il exprime également la crainte que sa voix puisse être manipulée pour véhiculer des informations ou des opinions qu’il ne partage pas. Cette problématique n’est pas isolée, comme en témoigne l’accusation similaire de Scarlett Johansson envers OpenAI ou les préoccupations des doubleurs de cinéma face au clonage vocal.






