
Le procureur général des armées israéliennes a annoncé, jeudi 12 mars, l’annulation de l’inculpation de cinq soldats. Ils étaient mis en cause pour des actes de violence commis sur un détenu palestinien en juillet 2024, au sein de la prison de haute sécurité de Sde Teiman, près de la bande de Gaza. Cette affaire avait ému la communauté internationale et provoqué des dissensions en Israël concernant l’ampleur du recours à la torture dans les centres de détention. Des milliers de Palestiniens de Gaza y ont été enfermés depuis le 7 octobre 2023 et le début de la riposte à l’attaque du Hamas.
Les cinq militaires, membres de la Force 100, une unité d’intervention, étaient accusés d’avoir roué de coups pendant quinze minutes un prisonnier. Ce dernier avait les mains attachées et les yeux bandés. Un des gardiens avait poignardé le détenu dans la fesse avec un objet pointu, provoquant « une déchirure de la paroi rectale » – un acte que la justice militaire avait décidé de ne pas qualifier de viol. L’acte d’accusation précisait : « A la suite de quoi l’un des accusés a ordonné au détenu de s’enfoncer dans la bouche une matraque qu’il portait dans le cadre de ses fonctions. »
Plusieurs gardiens s’étaient alignés devant leurs collègues avec leurs boucliers. Le but était d’empêcher les caméras de vidéosurveillance de saisir la totalité de la scène. Les magistrats avaient relevé : « Pendant le déroulement des faits, le détenu poussait des cris de douleur. » Cette décision d’annulation soulève de vives interrogations sur la responsabilité des forces armées et la protection des droits des détenus dans le contexte actuel.






