
Des témoignages glaçants émergent d’Iran, décrivant la brutalité de la répression des manifestations qui secouent le pays. Un médecin de garde, préférant garder l’anonymat et travaillant dans le nord de l’Iran, a envoyé un message vocal décrivant une nuit de cauchemar le 8 janvier. Il raconte que les soignants « marchaient tous en bottes tant il y avait de sang sur le sol » aux urgences. Ce message, partagé le 15 janvier via une connexion internet éphémère, souligne la gravité de la situation alors que la majorité des Iraniens sont privés d’internet depuis le 8 janvier.
Le médecin ajoute que les téléphones étaient interdits dans l’établissement. Il a pourtant pu témoigner des scènes d’horreur : dans son petit hôpital, sept corps inanimés ont été recensés. Il évoque le cas d’un adolescent de 16 ans touché par balle qui a dû subir l’ablation d’un rein, et d’un autre patient dont la jambe a dû être amputée. « J’ai les larmes aux yeux en vous en parlant », confie-t-il, illustrant l’impact émotionnel profond de ces événements sur le personnel soignant.
Lors d’une brève reconnexion le 20 janvier, le même médecin a fourni davantage de détails sur la première grande mobilisation du 8 janvier. « Nous avons tous dormi à l’hôpital. Nous avons pris en charge une centaine de blessés. Les forces de l’ordre tiraient pour tuer : dans le cou, dans la tête, dans l’abdomen », explique-t-il au Monde. En contact avec deux autres hôpitaux de sa ville, il rapporte un total de 17 morts la première nuit. Il mentionne également la prise en charge d’un membre de la milice religieuse, un « bassidj », dont le visage était défoncé, rapidement transféré vers un hôpital militaire, ce qui souligne la tension et la violence des affrontements.






