
Téhéran a lancé un avertissement ferme ce lundi, affirmant que toute frappe des États-Unis, même jugée limitée, entraînerait une riposte « avec férocité ». Cette déclaration intervient après que le président américain, Donald Trump, a évoqué une telle éventualité en Iran, alors que de nouvelles manifestations étudiantes agitent le pays. Trump, qui cherche à obtenir un accord sur le programme nucléaire iranien, a déployé d’importants moyens navals et aériens au Moyen-Orient, tout en maintenant la porte ouverte aux négociations, avec de nouveaux pourparlers prévus pour jeudi.
« Il n’y a pas de frappe limitée. Un acte d’agression sera considéré comme un acte d’agression », a affirmé Esmaeil Baghaei, porte-parole de la diplomatie iranienne, en réponse aux propos de Trump sur une possible frappe en cas d’échec des discussions. Baghaei a insisté sur le droit de l’Iran à la légitime défense, promettant une réaction « féroce ». De son côté, Donald Trump avait confirmé vendredi qu’il « envisageait » une frappe limitée si les négociations avec l’Iran n’aboutissaient pas.
À Genève, Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des affaires étrangères, a alerté sur un risque d’« escalade » régionale, soulignant que les conséquences d’une agression ne se limiteraient pas à l’Iran. Par mesure de précaution, les États-Unis ont évacué le personnel non essentiel de leur ambassade à Beyrouth. Le Hezbollah libanais, pro-iranien, a d’ores et déjà annoncé qu’il ne resterait pas neutre en cas de frappe américaine. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré qu’Israël restait « vigilant » et se préparait à tout scénario.
Malgré ces tensions, le dialogue se poursuit. Après deux sessions début février, de nouveaux pourparlers indirects auront lieu jeudi à Genève. Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a exprimé son optimisme quant à une solution diplomatique « gagnant-gagnant ». Il espère soumettre prochainement une « première version » de texte à l’équipe américaine, dirigée par Steve Witkoff et Jared Kushner.
Ces nouvelles tensions surviennent après la répression sanglante d’un mouvement de contestation en Iran en janvier. Donald Trump avait alors promis son « aide » au peuple iranien. Téhéran, en échange d’un accord, espère une levée des sanctions américaines qui asphyxient son économie. Des rassemblements contre le pouvoir ont de nouveau éclaté en Iran. Des vidéos montrent des étudiants brûlant le drapeau de la République islamique et scandant des slogans hostiles aux autorités. Plusieurs pays, dont l’Inde, ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran.







