
Pour le sixième jour consécutif, des villes iraniennes ont été le théâtre de manifestations contre la République islamique, notamment Zahedan, capitale de la province du Sistan-et-Baloutchistan. Ce nouveau mouvement de contestation, initialement déclenché le 28 décembre 2025 par les commerçants du bazar de Téhéran, visait la dévaluation rapide du rial face au dollar et à l’euro. Il a rapidement pris une tournure politique, avec des slogans appelant à la fin du régime.
Les protestations se sont étendues à au moins 32 villes du pays, mobilisant une partie des populations les plus défavorisées et marginalisées par le pouvoir central. L’inflation annuelle en Iran a atteint 42,2 % en décembre 2025, et le rial iranien a chuté à un niveau record de 1,45 million pour un dollar américain. Cette crise économique, exacerbée par le conflit avec Israël en juin 2025 et les sanctions de l’ONU, a provoqué une flambée des prix des denrées alimentaires et des biens essentiels.
La répression s’est intensifiée à mesure que le mouvement se propageait aux villes éloignées du centre. Au moins huit manifestants, âgés de 15 à 37 ans, ont été tués par les forces de l’ordre dans diverses provinces, selon le Center for Human Rights in Iran. Jusqu’au 1er janvier, au moins 119 citoyens ont été arrêtés et 33 blessés, selon le Centre de statistiques des défenseurs des droits humains en Iran (HRANA).
Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Mort au dictateur » et « Pahlavi reviendra », exprimant leur mécontentement envers la gestion économique et les politiques du gouvernement. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu le « droit constitutionnel de manifester pacifiquement », mais n’a aucun contrôle sur les forces de sécurité. Les manifestations de 2025-2026 sont devenues le plus grand mouvement de contestation en Iran depuis celles de 2022-2023.






