
Initialement déclenchées par la hausse du coût de la vie, les manifestations en Iran, qui ont débuté le 28 décembre, ont évolué en une vaste contestation du régime des mollahs. De nombreuses images et vidéos circulent sur les réseaux sociaux, offrant un aperçu des événements malgré la censure. Ces images, bien que parfois difficiles à vérifier, constituent une source essentielle pour comprendre l’ampleur du mouvement.
Les rassemblements ont touché la majorité du pays, avec des cortèges recensés dans au moins une cinquantaine de villes, selon la cartographie du site Geoconfirmed. L’ampleur de ces manifestations suggère qu’il s’agit des plus importants rassemblements depuis ceux de 2022, suite à la mort de Mahsa Amini. On y voit des foules scandant des slogans anti-régime comme «Vive le Shah!» et «Mort au dictateur!», des photographies de l’ayatollah Khamenei brûlées, et des drapeaux iraniens d’avant 1979 brandis. Les autorités iraniennes ont réagi en coupant internet et en intensifiant la censure numérique, ce qui témoigne de l’inquiétude du régime.
Plusieurs vidéos authentifiées montrent des scènes de confrontation et de désobéissance civile. Des images prises à Téhéran, notamment dans les grandes artères du sud-ouest et sur la place Kaj, témoignent de la convergence de milliers de personnes et d’incendies. Des manifestations massives ont également eu lieu dans des villes comme Tabriz, Mashhad et Babol. Une vidéo datée du 4 janvier, authentifiée par Geoconfirmed, montre des policiers utilisant des gaz lacrymogènes contre des manifestants à Téhéran, au «chasrou», lieu qui aurait vu débuter la vague de protestations.
La répression du régime est féroce. Des ONG comme Iran Human Rights (IHR) et Amnesty International rapportent l’usage de gaz lacrymogènes et de tirs à balles réelles. Au moins 45 manifestants, dont huit mineurs, auraient été tués, et des centaines blessés, avec plus de 2000 arrestations. Une vidéo datée du 5 janvier montre des manifestants renversant une statue de l’ancien officier Qassem Soleimani à Qaemiyeh, symbole fort de la contestation contre le système.






