Tehran-Rasool-mosque-fire
Des manifestants ont allumé des feux autour de la mosquée Rasool à Téhéran, alors que la colère ne faiblit pas deux semaines après le début des mouvements de contestation en Iran. La répression s'intensifie face aux slogans anti-régime.

Des manifestations en Iran ont pris une tournure sérieuse dans la nuit de vendredi à samedi, alors que des dizaines de manifestants ont allumé des feux près de la mosquée Rasool dans le quartier de Saadat Abad à Téhéran. Des images diffusées par les manifestants montrent plusieurs centaines d’Iraniens scandant des slogans contre le régime devant le bâtiment religieux, qui était envahi par la fumée de l’incendie. Ce mouvement de contestation, le plus important depuis trois ans, a incité les autorités de la République islamique à imposer une coupure nationale d’internet.

Dans d’autres vidéos, des manifestants iraniens accusent les forces de l’ordre d’utiliser des balles réelles pour disperser la foule. Malgré la répression, des habitants ont défilé sur plusieurs artères de la capitale, comme le montrent des vidéos vérifiées par l’AFP et des images publiées sur les réseaux sociaux malgré le blocage des communications. Le maire de Téhéran, Alireza Zakani, a déclaré que plus de 30 mosquées et 50 banques avaient été incendiées. Les protestations, initialement déclenchées par une crise économique et une chute de la monnaie nationale, ont pris une tournure de plus en plus politique, avec des slogans tels que « Mort au dictateur ».

Les autorités iraniennes ont émis de sévères avertissements, le chef de la justice promettant des sanctions sévères pour les « saboteurs ». Au moins sept personnes, dont des manifestants et des membres des forces de sécurité, auraient été tuées. Le black-out internet à l’échelle nationale vise à contenir les troubles et à limiter la diffusion d’informations. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a quant à lui accusé des agents étrangers d’être derrière ces manifestations et d’inciter à la violence dans le pays.