
Depuis le début de l’année 2025, l’Iran a exécuté au moins 841 personnes, selon les Nations Unies. Un chiffre alarmant qui témoigne d’une nette accélération des exécutions, notamment pour des motifs liés à l’« espionnage » depuis l’offensive israélienne de juin dernier. Ravina Shamdasani, porte-parole du bureau des droits de l’Homme des Nations Unies, a souligné que 110 personnes ont été exécutées en juillet seulement, soit plus du double par rapport à la même période l’année précédente.
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait déjà alerté sur cette tendance préoccupante fin juillet, dénonçant des procédures judiciaires souvent tenues à huis clos et ne respectant pas les normes d’un procès équitable. Cette intensification de la répression survient après l’assassinat de plusieurs membres de la caste dirigeante iranienne par l’État hébreu en juin. Le pouvoir judiciaire iranien a depuis appelé à une application rapide des sanctions, invoquant une chasse aux espions travaillant pour Israël.
Le 17 juin, le Parlement iranien a approuvé une motion visant à accélérer l’adoption d’un projet de loi élargissant le recours à la peine de mort pour des faits d’espionnage. L’objectif est de rendre automatiquement passible de la peine capitale toute accusation de « coopération avec des gouvernements hostiles », en particulier Israël et les États-Unis.
Amnesty International a également documenté cette escalade dans un rapport du 20 juin, signalant des dizaines d’arrestations et huit condamnations à mort pour collaboration avec Israël. L’ONG rapporte que le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien considère toute action en faveur d’Israël comme passible de la peine capitale, la qualifiant d’« inimitiés à l’égard de Dieu » ou de « corruption sur terre ». Hussein Baoumi, directeur régional adjoint d’Amnesty International, a dénonçé « l’instrumentalisation par les autorités iraniennes de la peine de mort en vue d’exercer un contrôle et d’instiller la peur parmi la population ».
La journaliste Sara Saïdi, spécialiste de l’Iran, explique au Figaro que cette violence du régime vise à « étouffer toute velléité d’opposition », prouvant que le régime « se sent en danger » et que « le recours à la violence est en quelque sorte son dernier recours ».