iranian-american-negotiation
Les pourparlers entre l'Iran et les États-Unis reprennent à Genève, mais les experts craignent que l'émissaire américain ne soit désavantagé face à la ruse diplomatique iranienne. Les négociateurs iraniens sont réputés pour leur habileté.

Les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis reprennent ce jeudi à Genève, mais les experts français ayant participé aux négociations de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) affichent un certain scepticisme. Ils estiment que l’émissaire américain, Steve Witkoff, pourrait se retrouver en position délicate face à son homologue iranien, Abbas Araghtchi. Un ancien responsable français, fin connaisseur des diplomates iraniens, prédit même que Witkoff «va se faire plumer» face à la redoutable stratégie de négociation iranienne.

Abbas Araghtchi, ministre des Affaires étrangères iranien, est décrit comme un négociateur redoutable, un «roublard qui joue toujours trois coups en avance et qui envoie des leurres». Sous son apparence affable et sa barbe blanche soignée, se cache une capacité à manœuvrer qui a marqué les observateurs. Même si les discussions actuelles sont indirectes, les Français craignent que l’Iran ne parvienne à imposer ses conditions, allant jusqu’à dicter les termes d’un éventuel nouvel accord. Cette dynamique soulève des interrogations quant à la capacité des démocraties à obtenir des résultats positifs face à des régimes perçus comme terroristes, une question fréquemment posée dans le contexte des négociations internationales.

L’expérience passée montre que les cultures de négociation entre l’Orient et l’Occident diffèrent profondément, ce qui complexifie les échanges. Les Iraniens sont réputés pour leur patience, leur sens de la tactique et leur capacité à utiliser des stratégies indirectes pour atteindre leurs objectifs. Cette approche contraste souvent avec les méthodes plus directes et parfois moins nuancées des négociateurs occidentaux. Comprendre ces nuances est essentiel pour éviter les écueils diplomatiques et espérer un dénouement favorable. La reprise de ces pourparlers à Genève est donc observée avec une attention particulière, compte tenu des enjeux géopolitiques majeurs et des antécédents complexes entre les deux nations. Les attentes sont fortes, mais les défis le sont tout autant.